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Rassemblement des retraités du 10 mars 2016 devant la CPAM de Narbonne

mardi 19 avril 2016

Depuis avril 2013 les pensions de retraites sont bloquées et la seule réponse apportée par le gouvernement à nos revendications maintes fois répétées depuis juin 2014 est une aumône humiliante de 0,1% d’augmentation au 1er octobre 2015, soit 1 € de plus pour 1 000 € de pension.

Parallèlement à cela, le Patronat, avec la complicité de 3 syndicats, a imposé le blocage des retraites complémentaires pour 3 ans de plus et préconise un nouveau recul de l’âge donnant droit à pension.

A cela s’ajoutent des mesures fiscales injustes. Il a fallu une forte mobilisation des retraités le 24 novembre dernier, à l’initiative des mêmes organisations qui appellent à ce 10 mars, pour que le gouvernement annonce une exonération temporaire pour les foyers devenus imposables du fait de ces mesures. Mais pas de décision pérenne, pas de retour sur la situation de nombre de foyers qui ont vu leurs impôts augmenter sensiblement. Nos organisations se sont adressées par lettre ouverte à Michel Sapin pour exiger « le rétablissement de la ½ part supplémentaire dans la loi de finances et l’exonération fiscale des majorations familiales. » Faut-il rappeler à cet instant la promesse de réforme fiscale du candidat Hollande en 2012 ? « Mon grand ennemi, c’est la finance » disait-il alors…

Pour justifier cette attaque en règle du pouvoir d’achat des retraités, le gouvernement met en avant l’indice des prix à la consommation. Cet indice ne tient pas compte des prélèvements sociaux et fiscaux qui se sont envolés et sous-estime les dépenses contraintes qui, comme chacun le sait, impactent d’autant plus les personnes avançant dans l’âge, notamment les dépenses de santé et les besoins en services. Ces frais affectent considérablement le niveau de vie de bon nombre de retraités conduisant beaucoup d’entre eux à vivre sous le seuil de pauvreté. A titre d’information, dans l’Aude, 13,8% de personnes de 60 à 74 ans vivent sous le seuil de pauvreté. Elles sont 17,7% de plus de 75 ans.

Avec l’accroissement des inégalités, l’urgence sociale est une priorité. Les ressources existent. Les exonérations de cotisations sociales accordées au patronat représentent plus de 20 milliards d’euros. La fraude fiscale prive chaque année le pays de 60 à 80 milliards d’euros. Les entreprises françaises ont distribué 43 milliards d’euros de dividendes à leurs actionnaires en 2015. Et le service public ne donne pas l’exemple. Un animateur bien connu de France Télévisions ne vient-il pas d’être licencié à 67 ans avec une indemnité de 1,3 million d’euros alors que son salaire mensuel était de 40 000 euros ?

Comme les actifs, les retraités subissent les conséquences des politiques d’austérité (sans compter la persistance des inégalités hommes-femmes). La paupérisation des retraités est confirmée par le COR qui montre que la part du PIB consacrée aux retraites baissera de 13,8% en 2013 à 11,2% en 2060 alors que le nombre de retraités va augmenter. Cette situation nous concerne tous, retraités ou futurs retraités. Comme nous sommes tous concernés par le développement accru de complémentaires santé inégalitaires, conséquence de la politique de désengagement de la Sécu. Les mutuelles santé augmentent, l’hôpital public est soumis à des économies drastiques. La diminution des dotations aux collectivités locales, imposée par la loi de finance, met à mal les services publics de proximité.

Une autre répartition des richesses est nécessaire, c’est une revendication forte partagée entre nos organisations, mais il faudra agir sur le levier des recettes supplémentaires.

Soyons attentifs aussi au sort promis aux pensions de réversion sachant que la Cour des Comptes propose de n’accorder la réversion qu’à 62 ans et de ne la verser qu’aux personnes aux revenus inférieurs à 1 676 euros brut mensuel.

Faute de financement, la loi d’adaptation de la société au vieillissement récemment entrée en vigueur ne remplira que très partiellement sa fonction. Les 675 millions d’euros prélevés au titre de la CASA sur les revenus des seuls retraités imposables ne constituent pas un financement solidaire de cette loi et restent notoirement insuffisants. En effet, le reste à charge pour les familles se chiffre à plus de 7 milliards d’euros. La question des EHPAD, tenue pour trop coûteuse, est différée et les dépenses sont inaccessibles pour les plus modestes. Si on choisit de rester à domicile, ce qui est le vœu de la grande majorité, mesurons l’impact financier considérable qu’auront nécessairement les aménagements obligatoires dans les logements : à titre indicatif, un monte escalier coûte de 3 500 à 8 000 euros, un aménagement de salle de bain avec douche de plein pied coûte de 3 000 à 7 000 euros.

Dans ce contexte, le renoncement aux soins est significatif parmi les retraités. Leur pouvoir d’achat, en écart grandissant avec le salaire moyen, est lourdement pénalisé par l’indexation des pensions sur l’évolution des prix. Cette baisse de ressources constitue pour beaucoup un obstacle à l’accès à une complémentaire santé.

Les déremboursements, les dépassements d’honoraires, les frais d’optique ou dentaires pénalisent de plus en plus de personnes d’autant plus si elles sont âgées. Quant aux prothèses auditives, essentielles pour ne pas s’isoler socialement, elles s’avèrent trop souvent hors d’atteinte pour les bourses des plus fragiles. 30% de celles et ceux qui en auraient besoin y renoncent.

Alors, privilégiés les retraités ? Pour subvenir aux dépenses contraintes, la pension du plus grand nombre ne suffit pas. Le patrimoine, s’il existe, est ponctionné et la famille se trouve bien souvent mise à contribution. La santé est un droit constitutionnel. Un reste à charge ne doit pas, par son montant, remettre en cause la garantie pour toutes et tous de la protection de la santé. Cette loi ASV (adaptation de la société au vieillissement) tant attendue, laisse bien des manques car elle est conçue uniquement comme une charge économique. Une augmentation limitée des plafonds de l’APA et la création d’un droit au répit pour les proches aidants sont une avancée à mettre au crédit de nos mobilisations. Mais le compte n’y est pas. La perte d’autonomie et le vieillissement sont déjà une contrainte et une souffrance au quotidien pour les personnes directement atteintes et pour leurs proches. Il est inadmissible d’y rajouter des barrières financières infranchissables. C’est un domaine où la solidarité nationale doit jouer à plein, où le principe du Conseil National de la Résistance « chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins » doit s’appliquer pleinement.

Retraité-e-s, par notre travail, nous avons contribué à la richesse du pays et au financement de notre système solidaire de protection sociale. Nous sommes garants du lien social. Tous ensemble, refusons les reculs sur les retraites engendrés par des mesures régressives qui impactent lourdement le niveau de vie et la dignité des personnes. Tous ensemble aussi, actifs et retraités, refusons la mise à bas du droit du travail et joignons-nous à tous les mouvements sociaux qui se développent en ce mois de mars.

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