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RETRAITES : SORTIR D’UNE VISION CATASTROPHISTE

vendredi 20 septembre 2013

Le gouvernement s’est saisi d’un besoin de financement de 20 milliards d’euros à horizon 2020, soit moins de 1 % du PIB, pour appeler à de nouveaux sacrifices. Pourtant tout justifie que l’on sorte d’une vision catastrophiste du financement des retraites.

En fait, nous sommes confrontés à deux problèmes différents. Le long terme est beaucoup moins inquiétant pour les retraites que l’on a bien voulu le dire jusqu’à présent. Le nombre de retraités continue à croître fortement jusqu’en 2035, puis plus modérément une fois passé le pic qui correspond, avec un décalage de 80 ans, au baby-boom d’après-guerre.

Les ressources dépendent quant à elles du taux de croissance de l’économie. Financer à l’horizon 2060 les 3 puis 5 points de PIB indispensables pour ouvrir un droit à la retraite pour tous à 60 ans avec un taux de remplacement du revenu d’activité par celui de la pension d’au moins 75 %, c’est tout à fait crédible. À cet horizon de long terme, le PIB augmente de 80 %, soit 1600 milliards dans l’hypothèse très pessimiste retenue. II est multiplié par 1,7 et augmente de 3 400 milliards dans le scénario le plus favorable. De quoi trouver les ressources suffisantes pour couvrir les 105 milliards de besoins de financement dans le scénario pessimiste. Dans le scénario le plus favorable, il y aurait un excédent de 90 milliards.

Mais d’ici à 2020, le problème est différent. C’est l’emprise de la logique financière qui déstabilise les retraites en plombant l’activité. Dans les dix ans à venir, un partage de la richesse plus favorable aux salariés permettra de financer les retraites. En effet, les chiffres démontrent qu’à l’horizon 2020 la retraite est d’abord malade de la crise, de la réduction des emplois et de la stagnation des salaires. Dans l’immédiat, il faut donc dégager des ressources supplémentaires. D’où la proposition d’une réforme du financement du système de retraite.

La priorité est la sortie de la politique d’exonération de cotisations patronales qui va coûter plus de 50 milliards d’euros aux finances publiques. Il faut étendre, au-delà du relèvement du forfait social, les cotisations pour la retraite à tous les éléments de rémunération, primes, intéressement, participation, soit 120 milliards d’euros de rémunérations para-salariales qui échappent aujourd’hui totalement ou partiellement aux cotisations sociales, si l’on en croit la Cour des comptes. C’est au bas mot 10 à 15 milliards d’euros qui pourraient revenir aux régimes de retraite.

Il s’agit en second lieu de mettre à contribution des revenus financiers des entreprises au moins à hauteur de la cotisation des salariés. Seulement les revenus tirés des placements financiers des personnes physiques sont imposés. Il s’agirait d’instaurer un prélèvement spécifique pour les sociétés de capitaux qui perçoivent bon an mal an 250 milliards de revenus financiers. Un prélèvement voisin du niveau de la cotisation patronale retraite rapporterait chaque année 20 milliards d’euros.

Enfin, une réforme du mode de contribution sociale des entreprises est indispensable. Il faut sortir d’une pure logique d’assurance qui permet aux employeurs les moins vertueux de reporter sur les autres les coûts liés à leur comportement. En effet, plus l’entreprise réduit ses effectifs et ses salaires plus elle réduit ses contributions aux régimes sociaux, dont les régimes de retraite.

Aucune réforme sérieuse et durable, garantissant l’avenir et redonnant confiance aux jeunes générations, ne peut écarter une augmentation des ressources des régimes de retraite. Ce qui implique que la question du partage des richesses, tel qu’il s’opère aujourd’hui, soit clairement affrontée.

Philippe BAILLOU

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