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PIQUE-NIQUE REVENDICATIF POUR LA VENUE DU MINISTRE À NARBONNE

dimanche 6 octobre 2013

A l’appel du SNUipp-FSU11 et de la CGT éduc, une cinquantaine de personnes - enseignants et parents d’élèves - s’était regroupée pour pique-niquer ensemble et manifester son opposition aux premiers résultats de la « Refondation » (rythmes, carte scolaire, conditions de travail).

Le ministre Peillon est arrivé vers 13h20 et est venu à pied (accompagné des élus narbonnais : maire, députée et sénateur) à la rencontre des manifestants regroupés dans le parking face au château de Montplaisir. Après une tournée de serrage de mains, le dialogue s’est déroulé de la façon suivante :

Les représentants du SNUipp-FSU11 ont pris la parole pour expliquer les motivations de cet accueil militant au ministre. Beaucoup d’espoir dans l’annonce d’une Refondation, après cinq années de casse de l’école, mais au final peu de signe d’un quelconque changement. Le quotidien des élèves et des enseignants n’a pas changé et n’est pas prêt de changer :

  • carte sco de l’Aude : la pénurie continue et la logique comptable se poursuit au point que les objectifs affichés par le ministère ne peuvent pas être tenus (+ de maîtres que de classes et scolarisation des 2,5ans) ; pire : faute de moyens, l’administration ne compte pas les 2,5 ans scolarisées contrairement aux préconisations de la circulaire. Pire encore : le DASEN de l’Aude va afficher la scolarisation des 2,5 ans dans 2 écoles quand, dans le même temps, il la compromet dans 6 écoles où il ferme des classes. Au final, on n’en reste qu’au stade de l’affichage et les conditions de rentrée, compte tenu des effectifs en hausse, seront pires en 2013.
  • Rythmes : Le ministère a attaqué la nécessaire réforme de l’école par le petit bout de la lorgnette au lieu d’une approche plus globale tenant compte de nos exigences en terme de réussite de tous les élèves et d’améliorations des conditons de travail pour les enseignants. Or, même ce petit bout est très imparfait et inacceptable en l’état. Le décret des rythmes détériorera une fois de plus les conditions de travail des enseignants sans apporter de changement notable dans la vie des élèves pire en creusant les inégalités entre territoires. Le tout sans financement pérenne pour permettre un péri éducatif de qualité sur l’ensemble du pays. Et, au final, situation paradoxale où, à cause d’une réforme très imparfaite, s’expriment des oppositions fortes sur une réforme de la semaine scolaire reconnue comme nécessaire par tous.
  • RASED : Les RASED ont payé un lourd tribut à la politique scolaire passée. Pour l’instant, à part de vagues discussions sur une redéfinition des missions de ceux-ci rien de prévu pour leur nécessaire redéploiement.

Réponse du ministre Peillon : Le ministre s’est dit troublé par certains points notamment sur la carte scolaire audoise et surpris par les autres éléments.

  • Concernant les moyens (en lien avec la carte scolaire), le ministre a d’abord souligné « l’effort consenti par le gouvernement avec l’inscription de 60 000 postes dans le projet de loi d’orientation et de programmation ». Il a ensuite insisté sur la nécessité de « mettre le paquet » sur le recrutement et la formation de nouveaux enseignants : 2 concours organisés cette année, d’abord 22 000 enseignants-stagiaires (pour remplacer les départs en retraite 2013) puis 21 000 (pour être prêts à remplacer les départs en retraite 2014). D’après le ministre, cet effort considérable de 43 000 enseignants-stagiaires est très coûteux en postes et les effets de cette politique ne pourront être perceptibles tout de suite ; cela devraient se faire sentir dans un ou deux ans. Il a appelé chacun à la confiance et à l’engagement pour défendre ses orientations.
  • Sur la mise en œuvre des priorités « maîtres surnuméraires » et « scolarisation des moins de 3 ans », il s’est dit surpris de la situation audoise.
  • Sur les RASED, tout ne peut pas être fait tout de suite mais les RASED seront l’objet de discussions à venir et leur situation sera bientôt revue, a assuré le ministre.
  • Au sujet des rythmes scolaires, le ministre s’est voulu rassurant en rappelant plusieurs axes :

ø financement du périscolaire : le fonds spécifique de 250 millions d’euros allant de 50 euros (pour 1 an) par enfant à 135 (sur 2 ans) pour ceux situés en zone les plus défavorisées pour prendre en compte les inégalités territoriales…

ø Pour le passage aux 4,5 jours en 2013 et pour l’organisation des horaires, l’avis des maires est demandé mais le dernier mot revient à l’Éducation Nationale puisque c’est au DASEN d’arrêter les décisions.

ø Passage aux 4,5 jours semble plus important en territoire rural que dans les villes. Argument ultime, il cite l’exemple de Denain et Roubaix, deux villes particulièrement pauvres en recettes fiscales qui ont choisi 2013. « Ne nous mettons pas la pression ; si ce n’est pas 2013, ce sera 2014 » si, pour certains, les conséquences financières, organisationnelles, paraissent encore floues.

ø « Tout le monde voudrait que je tombe dans le syndrome Claude Allègre ». Et comme pour prendre à contrepieds, les prévisions de rupture avec le monde enseignant, il a dit être à l’écoute des revendications. De plus, une fois les décisions prises par les communes, il promet d’accorder une ou deux journées banalisées pour permettre que ce soit dans un dialogue constructif entre partenaires que se fasse la mise en œuvre de la réforme.

Une fois cette première série d’arguments formulée, le dialogue s’est poursuivi par de nombreuses interventions d’enseignants et de parents d’élèves. Le ministre de l’Éducation Nationale a pu ainsi se rendre compte que la Refondation de l’école telle qu’elle était engagée était loin de convaincre notamment par le manque de moyens et sur l’inacceptable réforme des rythmes. Sur ce sujet, le malaise était patent quand nombre d’enseignants et de parents d’élèves ont interpelé vivement le maire de Narbonne (présent aux côtés du ministre) lui reprochant sa décision unilatérale de passer à 4,5 jours dès 2013.

Après vingt minutes de dialogue à bâtons rompus, les maires audois arrivant de plus en plus nombreux, le ministre Peillon a regagné le château de Montplaisir où il devait essayer de convaincre du bien fondé de sa réforme et de la nécessité d’y passer dès 2013. Cela était loin de faire l’unanimité parmi les élus audois que nous avons rencontrés ce jour-là et à qui nous avons remis un appel SNUipp-FSU11 à opter pour le report (lire ci-dessous).

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Appel aux élus audois SNUipp-FSU 11

À la suite de cette rencontre, une délégation du SNUipp-FSU11 a été reçue par Mme Marianne DE BRUNHOFF (Conseillère chargée des rythmes scolaires, de l’enseignement artistique et action culturelle, des relations avec les collectivités territoriales et de la carte scolaire) avec qui nous avons pu, pendant près de trois quarts d’heure, détailler les points soulevés auprès du Ministre (cf. ci-dessus).

  • Nous avons précisé que, pour maintenir l’encadrement à la hauteur de 2012 (déjà très loin d’être satisfaisant), la dotation carte scolaire pour notre département n’aurait pas dû être de 5 postes mais s’élever à 16 postes. Nous avons donc réclamé que ce minimum soit assuré afin que la priorité au primaire n’en reste pas au seul affichage.
  • Nous avons pu aussi porter les légitimes revendications de notre profession déclassée en terme salarial et dépossédée de son métier par les scélérates contre-réformes passées. Concernant l’amélioration de nos conditions de travail, nous avons rappelé notre rejet de l’actuel décret sur les rythmes et lui avons opposé le projet historique du SNUipp-FSU : réduction du temps de travail face aux élèves (vers les 18h00) ; déconnexion du temps de travail enseignant du temps d’apprentissage élève avec maintien du volume horaire pour les élèves grâce au plus de maîtres que de classe ; polyvalence du maître remplacée par la polyvalence de l’équipe se gardant toutefois de tomber dans le piège d’un mini-collège prématuré en mettant en place des maîtres à dominante...
  • Nous avons aussi tenu à questionner les chiffrages avancés par le ministre : en effet les « 60 000 postes » sur 5 ans avancés par le ministre sont des emplois (moyens budgétaires et non des postes !) et leur programmation est loin d’aboutir à 60 000 postes au bout de 5 ans ! Au mieux, ces moyens budgétaires garantiront le remplacement des fonctionnaires partant à la retraite. Et, comme le précisait le Café Pédagogique du 28/09/2012, nous avons rappelé que les 43 000 enseignants-stagiaires évoquées par le ministre n’aboutiraient, en création finale, qu’à 8 000 postes budgétaires seulement.
  • Nous avons demandé que nos droits syndicaux soient respectés, notamment la possibilité de tenir les réunions d’informations syndicales (RIS) sur tout notre temps de service.
  • Sur la question des RASED, nous avons évoqué nos inquiétudes quant à l’absence de décision concernant le rétablissement des postes supprimés et la pérennité des 3 catégories de professionnels exerçant en réseau. A ce propos, nous avons réaffirmé notre attachement à un service de psychologie de la maternelle à l’université, avec des psychologues reconnus statutairement, en respectant les champs d’intervention actuels (écoles, collèges et lycées, universités). Nous avons à cet effet déposé un dossier complet.

La conseillère du ministre a pris note de nos doléances et s’est voulue rassurante quant aux effets futurs des réformes entreprises ou face aux risques de territorialisation que nous pointions, sans toutefois apporter d’éléments nouveaux.

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