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Conditions de travail : retour sur des enquêtes récentes

jeudi 29 mars 2012

Conditions de travail : retour sur des enquêtes récentes Le SNUipp-FSU 11 avait lancé le débat sur ces questions lors de ses premières réunions d’informations syndicales en octobre 2011. S’en était suivi un questionnaire que nous avions publié dans ce journal.

Conditions de travail : retour sur des enquêtes récentes

Selon l’enquête du Carrefour santé social (CSS), un organisme regroupant la MGEN et les syndicats FSU, Unsa et Sgen, sur les risques psychosociaux, l’épuisement professionnel et les troubles musculo-squelettiques, la situation sanitaire des enseignants et des administratifs de l’éducation nationale pose problème. L’enquête, publiée le 30 janvier, a impliqué plus de 5 000 personnels de l’éducation nationale, essentiellement des enseignants, avec un échantillon un peu plus féminin que la moyenne réelle de ce ministère. L’étude s’est intéressée en premier lieu aux situations de tension au travail (jobstrain). Un personnel de l’éducation nationale sur quatre (24%) en souffre, un taux qui est supérieur au taux moyen des salariés français (23%) et le double de celui des cadres. Cette proportion ne varie pas selon l’âge ou le sexe. Par contre elle est plus forte chez les CPE, les administratifs et les enseignants des écoles et des collèges. L’épuisement professionnel, ou burnout, est "une réponse à un stress excessif ou continu au travail". Il se manifeste par un épuisement émotionnel ou physique élevé, un sentiment de dépersonnalisation élevé, une réduction de l’accomplissement personnel au travail. Selon l’étude, cela concernerait 14% des agents mais 17% des hommes et 18% des plus de 55 ans. Il serait plus fort chez les enseignants du primaire et du collège et moins fort en lycée. Presque tous les agents de l’éducation nationale souffrent de troubles musculo squelettiques (TMS) : 78% en déclarent sur l’année, la moitié dans les 7 jours précédant l’enquête. Ils augmentent selon l’âge et sont plus importants chez les femmes. Les troubles du dos concernent plus particulièrement les administratifs, les professeurs d’EPS et les professeurs des écoles et certifiés. En novembre 2011, Georges Fotinos & José Mario Horenstein avaient publié une étude sur la qualité de vie au travail dans l’éducation nationale qui montrait un mauvais climat relationnel dans un établissement sur quatre. Les enseignants se plaignaient de n’être ni considérés, ni suffisamment formés. Ainsi moins de la moitié des enseignants (42%) estiment que leur opinion compte dans leur établissement. La moitié (49%) se déclare mal formés pour le métier actuel. La moitié aussi considère que les conditions matérielles les empêchent de bien travailler. Le rapport interrogeait l’évolution du métier. "La multiplication et la complexification des tâches des enseignants se développent dans un contexte où « le métier d’élève » ne va plus de soi, où l’incertitude sur ce qui vaut d’être enseigné gagne les enseignants, ou des attentes sociales contradictoires (« sélection » et « égale réussite de tous ») rendent délicate la recherche d’un consensus minimum des valeurs partagées au sein d’un établissement scolaire", soulignait le rapport. Une autre étude de Debarbieux sur la « victimation » montre que les personnels de médiation sont particulièrement sous tension. Elle met aussi en valeur le fait que l’état de santé des enseignants dépend de leur degré d’autonomie. C’est quand " la latitude décisionnelle est faible" et quand "les ressources disponibles dans le travail" sont également faibles que la tension augmente. C’est confirmé par le fait que les enseignants ont maintenant le taux de tension au travail des salariés et se sont extrêmement éloignés des cadres. Or l’évolution de ces dernières années a fortement détérioré la perception du métier. Pas tant du fait des élèves qui ont toujours été difficiles que par la mise en place d’évaluations dont l’utilité n’est pas perçue, par la bureaucratisation accélérée du métier avec des livrets de compétences (LPC) qui sont souvent perçus comme des brimades inutiles, par les pressions plus fortes de la hiérarchie elle-même harcelée. Il y a bien un lien entre la parcellisation des tâches, le sentiment de perte de sens du travail et la situation sanitaire décrite dans l’étude du CSS.

Le SNUipp-FSU 11 avait lancé le débat sur ces questions lors de ses premières réunions d’informations syndicales en octobre 2011. S’en était suivi un questionnaire que nous avions publié dans ce journal. D’un caractère évidemment moins scientifique que les enquêtes citées, les réponses n’en restent pas moins intéressantes sur la situation audoise, en voici les résultats. La quasi-totalité des collègues ayant répondu à notre enquête se sentent concernés par les problèmes de malaise enseignant. 90 % ne pensent pas exercer un métier qui est valorisé aux yeux de la société. Bien que 70 % se sentent bien au travail, 94 % pensent que les conditions de travail se dégradent. 75 % pensent que l’évolution du métier est négative voire tout à fait négative pour 21 %. Les relations avec la hiérarchie sont oppressives pour 34 % et normales pour 50 % (personne ne pense qu’elles sont enrichissantes) mais l’évolution de la pression est exagérée pour 69 % et même démesurée pour 19 %. Plus de la moitié des collègues ayant répondu considèrent que les relations avec les parents sont satisfaisantes mais 41 % pensent qu’elles évoluent négativement. Au niveau du salaire, 48 % pensent qu’il est insuffisant, 35 % à peine correct, personne ne pense qu’il est trop élevé. Ce sont l’hétérogénéité et les difficultés des élèves qui sont le plus difficile à gérer dans la vie quotidienne des enseignants, suivent la pression hiérarchique et les problèmes de comportements des élèves. Enfin cette enquête confirme bien le fait que le métier d’enseignant du premier degré prend beaucoup de temps (ce que ne soulignent pas les enquêtes ci-dessus) puisque la moyenne se situe autour de 42 heures déclarées pour les adjoint(e)s et au-delà de 45 heures pour les directeurs et directrices.

Une première chose est d’ouvrir le débat afin que l’ensemble des collègues s’empare de ces questions pour que celles-ci ne restent pas dans le huis clos des salles des maîtres ou les non-dits des arrêts de maladie. Ensuite, le deuxième point est d’amener nos responsables hiérarchiques à en admettre les fondements pour proposer enfin des solutions de remédiations voire de prévention. La médecine du travail, inexistante en tant que telle dans nos professions, pourrait être un vecteur positif vers cette prévention, à condition d’avoir la volonté politique de créer des postes et d’attirer des médecins en les rémunérant correctement.

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