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SNUipp de l'Aude
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Les réseaux d'écoles |
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Dossiers
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Pourquoi imposer une mise en réseaux des écoles ? |
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| Pendant qu’il nous fait croire à un débat sur l’école, le ministère avance tranquillement sur la question des réseaux d’école. C’est vrai que le problème ne date pas d’hier. Dès 1984, il était possible de mettre en place des Regroupements Pédagogiques Intercommunaux (RPI) de manière volontaire de la part des différents acteurs. Ces regroupements ont permis dans les communes les plus rurales de maintenir un service public d’éducation. En 1998, la ministre Ségolène Royal instituait les Regroupements Ruraux d’Education (RRE), toujours sur la base du volontariat. | |||
| Quelques départements s’en sont saisis mais actuellement il n’en reste que 246 sur l’ensemble du territoire. En 2001, Jack Lang lançait l’idée de Groupements d’Ecoles et de Regroupements d’Ecoles Associées s’appuyant sur des EPCI (Etablissement Public de Coopération Intercommunal) pour tenter de désamorcer les problèmes liés à la direction d’école, idée rejetée par le SNUipp et les autres syndicats. |
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Depuis mars 2003, le ministère nous a servi plusieurs versions d’un texte sur la mise en réseaux des écoles clairement inscrit dans le processus de décentralisation et de réforme de l’état, la version définitive devant être bouclée pour le mois de mars. Que contient-il en substance ? Tout d’abord le regroupement d’écoles (10 à 30 classes), imposé dans le cadre d’un EPCI qui harmoniserait les moyens au niveau d’un bassin d’écoles, en terme de fonctionnement on sait ce que cela implique (on globalise le manque de moyens des petites communes…) et en terme budgétaire (carte scolaire), le risque est aussi de globaliser les effectifs d’élèves et les postes d’enseignants, on commence à apercevoir les économies qui vont être réalisées, surtout quand le ministre de la fonction publique déclare ne vouloir remplacer qu’un départ en retraite sur 2. Les IA auront à définir un schéma territorial et seront les premiers vecteurs de cette politique de restriction de moyens, en clair le ministère peut très bien ne plus donner de moyens, à charge pour chaque IA de se débrouiller pour les récupérer sur les réseaux d’écoles. Notre IA ne se prive d’ailleurs pas de dire que les effectifs sont « très confortables » dans le rural… Mais ce système peut tout aussi bien s’appliquer en ville, le ministère ayant fixé l’objectif de 600 réseaux d’ici 2006. terme, la carte scolaire risque d’échapper complètement aux instances paritaires pour être contractualisée avec chaque réseau, ce qui porte en germe la disparition des petites écoles et les regroupements sur un seul site. La gestion des personnels résistera-t-elle longtemps aux influences de potentats locaux ? D’autant que le projet est de mettre en place un coordonnateur de réseau nommé directement par l’IA, avec une décharge de service en fonction de la taille du réseau et des responsabilités équivalentes à un chef d’établissement. Avant même de tirer les conclusions du débat sur l’école, le ministère choisit clairement de mettre en musique le rapport du Conseil d’Etat de mars 2003 sur la Fonction Publique : moins de service public dans un projet de société porteur d’inégalités sociales. |
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| Réseaux d'écoles : un pas de plus | |||
En plein débat sur l’école, le ministère , à la veille des vacances de Noël, vient d’avancer d’un pas supplémentaire en matière de réseaux d’écoles : 2 projets inacceptables de modification de textes concernant le fonctionnement des écoles (décret du 6/9/90) et les directeurs d’école (décret du 24/2/89) ont été remis aux organisations syndicales. Ces projets introduisent les termes de réseaux d’écoles et de coordonnateur dans ces décrets. Quels sont les arguments avancés ? Si l’on se réfère au rapport de l’Inspection Générale de juin 2003 et au dossier de presse du Ministère de novembre 2003, le premier argument est d’ordre pédagogique : « faute de pouvoir travailler en équipe, les maîtres courent le risque de l’isolement ; il est difficile de faire fonctionner l’école en 3 cycles ». Le développement de cet argument reprend des constats que nous avons nous-mêmes déjà effectués. Du point de vue pédagogique, il existe bien des problèmes : gestion de l’hétérogénéité, travail en équipe, polyvalence… mais l’empilement des structures et conseils aux niveau de l’école et du réseau ne résoudra aucunement ces problèmes et ce d’autant moins que les heures dévolues aux concertations sont déjà nettement insuffisantes. Même si le rapport des IGEN insiste bien sur le fait que l’objectif immédiat n’est pas l’amélioration des résultats des élèves (voir l’ardoise en page 1), l’étude des résultats aux évaluations nationales (CE2 et 6è) montrent que les élèves des écoles rurales ont des résultats au moins égaux si ce n’est légèrement supérieurs aux autres élèves, preuve d’une certaine efficacité de notre école rurale. Le deuxième argument est d’ordre matériel : « il n’est pas aisé pour ces écoles situées dans des communes aux ressources limitées d’accéder aux équipements indispensables pour les enseignements... ».Nous développerons dans un prochain article les problèmes d’intercommunalité et ce versant « premier degré » de la décentralisation, mais il est clair qu’une communauté de communes « pauvre », qui a déjà peu de ressources propres, ne pourra consentir des efforts supplémentaires sans transfert de charges de l’Etat… et comme l’Etat se désengage, les disparités que nous avons déjà soulevées lors de notre enquête sur l’argent de l’école risquent fort de s’accentuer et engendrer des déplacements d’élèves d’une communauté de communes à l‘autre, et la disparition à terme de toutes les petites structures. Enfin le troisième argument est administratif : « la gestion des petites écoles est assurée dans des conditions difficiles… ». Le Ministère a apparemment entendu, là aussi, une partie des difficultés liées à la direction d’école. Malheureusement, le remède proposé (imposé ?) a déjà été tenté par les ministères successifs depuis le début des années 80 : le maître-directeur réapparaît sous la forme de coordonnateur de réseau. L’échelon hiérarchique, de fait, créé entre l’IEN et les écoles en la personne du coordonnateur de réseau, va tendre à une « caporalisation » de la profession que nous avons maintes fois dénoncée. Dans ce domaine ce que nous réclamons est clair : du temps et des moyens pour la direction d’école (toutes les écoles), du temps pour le travail en équipe et pour la concertation entre les différents membres de l’équipe éducative. Ce dossier n’est pas encore clos, mais le Ministère a décidé d’avancer pas à pas pour le régler d’ici la rentrée prochaine avant les conclusions du débat sur l’école et la future loi d’orientation. |
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| Intercommunalité et réseaux d'écoles | |||
Si le contenu des textes sur les réseaux d’écoles ne répond en rien aux problèmes de la direction et du fonctionnement des écoles (bien au contraire), si la perspective d’une décentralisation à la mode libérale et d’un désengagement accru de l’Etat sont condamnables, il nous semble tout de même nécessaire d’apporter des informations supplémentaires sur la notion même d’intercommunalité, au centre des projets de textes. Malgré certains détracteurs et le mouvement actuel en Europe, l’existence des 36 000 communes françaises a permis une représentation et des relations de proximité (30 000 communes ont moins de 500 habitants). Pourtant l’intercommunalité n’est une invention du XXIè siècle. L’EPCI est l’appellation générique de 3 types de regroupements : communautés de communes, communautés d’agglomération et communautés urbaines. Quand un EPCI est constitué, il a des compétences obligatoires : aménagement de l’espace, actions de développement économique, entretien et mise en valeur des cours d’eau. Il a également des compétences optionnelles dont il peut se doter : élimination des déchets, aménagement et entretien de la voirie, gestion des réseaux d’eau, d’électricité…, politique du logement, et « construction, entretien et fonctionnement d’équipements culturels et sportifs et d’équipements de l’enseignement préélémentaire et élémentaire d’intérêt communautaire ». La compétence scolaire ne fait pas partie des compétences obligatoires ou optionnelles. Il s’agit d’une compétence facultative qui peut être transférée à l’EPCI lors de sa création ou par une modification ultérieure des statuts. En clair, si dans les communes rurales la compétence scolaire est transférée aux EPCI, ces communes en seront complètement dessaisies. La commune restera propriétaire des locaux construits avant le regroupement. Toutes les dépenses d’entretien et de fonctionnement, quelle que soit la localisation des classes, sont elles à la charge de l’intercommunalité. Au plan organisationnel ou administratif, ce texte peut, du point de vue d’un élu, faciliter une meilleure prise en compte des besoins de l’école, une gestion plus rationnelle et efficace, une meilleure mutualisation des moyens. Mais ce sont les villes, pour l’essentiel, qui drainent la taxe professionnelle… Où dans ce cas aller chercher ces moyens ?… Les communautés d’agglomération et communautés urbaines représentent 85 % de la population et 90 % du PIB. De 250 EPCI en 1992, on est passé à 75 % de la population concernée par une communauté en janvier 2003 : 2195 communautés de communes (dont 24 dans l’Aude), 14 communautés urbaines et 120 communautés d’agglomération (2 dans l’Aude). Actuellement seulement 15 % ont pris la compétence optionnelle « équipements scolaires ». La démocratie participative n’étant pas au centre des textes régissant les EPCI, on peut comprendre que le Ministère de l’Education Nationale préfère n’avoir dans les projets de texte sur les réseaux d’écoles qu’un seul interlocuteur désigné par l’Inspecteur d’Académie : le coordonnateur de réseau.
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par Philippe BAILLOU |
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