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Polémique sur la lecture
 
Sur cette page, vous trouverez rassemblées des infos, en grande majorité sous forme de liens, relatives au débat -à la polémique ?- sur la lecture et les méthodes de lecture dans l'enseignement primaire. Ces liens vous permettront d'accéder à des documents proposant, plus largement, des informations et des analyses critiques sur ces thèmes. Ils n’ont d’autre objet que de contribuer au développement du débat sur un sujet très controversé.
  
Lecture (janvier 2006) : début d'une polémique ?
Enfin ! Après les réseaux islamistes, la polygamie, les rappeurs et les mariages blancs, un ministre vient de découvrir le dernier coupable des maux des banlieues : non point le chômage, les inégalités et les discriminations, mais la méthode globale d'enseignement de la lecture...
Cela peut étonner, irriter ou susciter l'hilarité.

C'est selon...
 
Lecture (octobre 2006) : le petit doigt sur la couture du pantalon ?

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Des années de recherche peuvent-elles être balayées d’un trait de plume avec des orientations dictées par une démagogie électorale ? Le SNUipp appelle à une réaction citoyenne ! L’expérience des professionnels doit prévaloir et le bon sens également. Nous avons besoin de sérénité et de la reconnaissance de nos compétences. Le sujet est bien trop important pour être galvaudé de la sorte.
  Les interventions répétées de de Robien (encore le 10 octobre sur France inter) sont insupportables. Ses propos sur ce qu’il appelle « la globale » et « la syllabique » montrent à chaque fois un peu plus qu’il n’y connaît rien. Comment se laisser imposer un diktat par un homme qui ne sait pas de quoi il parle ?
  Les enseignants tentent maintenant de travailler tant bien que mal dans un climat détestable : entre la vaste opération de "com" d'un ministre qui contredit les textes officiels signés par lui-même et les travaux des chercheurs tronqués (...) un élément fondamental de notre métier est attaqué : la liberté pédagogique.
  Aujourd'hui, un nouveau pas est franchi par une association populiste. Via la presse régionale, SOS Education engage les parents à dénoncer les enseignants qui n'appliqueraient pas à la lettre les recommandations médiatiques du ministre...! La chasse aux sorcières est lancée : formateurs, inspecteurs, manuels et enseignants sont lapidés.
 
Motion pour le Conseil des Maîtres ou le Conseil d'Ecole
A télécharger, imprimer et transmettre à l'Inspecteur d'Académie, aux organisations syndicales et de parents d'élèves.
 
 
Un rapport de l’Inspection Générale souligne le trouble créé chez les professeurs d’école. Selon l’Inspection il faut faire confiance aux instituteurs.
 
Quelques signes de changements positifs dans le discours du Ministre...?
 
Vous trouverez ci-dessous le communiqué de presse du SNUipp suite à la publication d'une tribune de De Robien dans le journal "Libération" du 2 novembre 2006... Tribune que nous vous joignons également...
 
Tous les chercheurs qu’il avait essayé d’instrumentaliser rejoignent ceux qui s’opposent depuis le début à la démarche totalitaire de Robien. S’ils ne sont pas d’accord sur tout, il sont d’accord sur un point : Robien a tort. A faire connaître d’urgence à vos carnets d’adresse... 20 chercheurs apportent un démenti cinglant aux propos simplistes du ministre. Parmi eux, ceux sur lesquels le ministre prétend s’appuyer pour imposer la méthode syllabique...
 
par le "Collectif Lecture"
Version imprimable au format PDF
 
par Rémi Brissiaud, Maître de Conférence de Psychologie Cognitive à l’IUFM de Versailles
et André Ouzoulias, Professeur à l’IUFM de Versailles
 
• Rions un peu... : De Robien et le B-a Ba... au rhum !
 
Cela va devenir, n'en doutons pas, un morceau d'anthologie de notre cher Ministre. Entendu dans l'émission "Le sept-neuf trente" sur France Inter ce mardi 10/10/2006 ; le Ministre a fait bénéficier tous les auditeurs d'une inoubliable leçon de lecture. Il faut l'entendre pour le croire ! Il n'a vraiment peur de rien et surtout pas du ridicule... Et tout ça sur France Inter à une heure de grande écoute...
Ecouter le passage sélectionné. (format MP3 - 260 Ko)
Ecouter la totalité de l'interview. (8'30'' - format RM, 1,3 Mo - à lire avec Real Player ou Media Player Classic)
 
Ou "comment M. de Robien censure-t-il les propos des chercheurs afin de les utiliser pour sa propagande médiatique". Edifiant... !
 
Amusons-nous un peu avec la méthode Robien...

La lettre
«a» ... [ a ] (plat) / [ ] (lait) / [ o ] (eau) / [ ] (pain) / [ a ] (grand)
«p»... [ p ] (pile) / [f ] (phare) / [.] (loup)

Les sons
an - animal / mange / ananas
ba - balai / baignoire / baudrier / banc
in - insuffisant / inutile
en - Ils viennent en tenue de sport. Les parents marchent, ils parent au plus pressé.

Les syllabes
il - il / fusil / gentil / fille / voilée
bon - bonté / bonne

Les mots
est - C'est la gare de l'est.
as - Tu as un as.
fils - Mon fils tend des fils.
portions - Nous portions des portions de fromage.
rations - Les rations sont maigres. / Nous rations le train.
admirent - Ils admirent le paysage. / Ils admirent leurs erreurs...

Les phrases 
livre - il - le - lit    --> Il lit le livre?... Ou...   Il livre le lit ?
Il prend la porte   --> le menuisier...? Ou... le collégien ?
Te voilà bien habillé !   --> réel ? ... ironique ? ... métaphorique ?

 
Hier, éviction de Roland Goigoux de l'ESEN (Ecole supérieure de l'Education Nationale), puis menaces et enfin, aujourd'hui sanction à l'encontre d'un IEN, le Ministre semble vouloir mettre au pas (de l'oie?) les enseignants.
Communiqué de presse du SNUipp suite aux sanctions disciplinaires dont est victime cet IEN pour avoir osé prendre quelque distance par rapport aux recommandations du ministre.
 >> Réaction du "Café Pédagogique" : Un débat qui ne mène qu'au désordre
 >> L'interview qui a déclenché la polémique.
(parue dans le magazine "Femina" le 17/09/2006)
 
Le ministre de l’Éducation Nationale a donc choisi la manière forte pour imposer ses vues en ce qui concerne les méthodes d’apprentissage de la lecture.
Il en vient même à menacer collectivement la profession par une mission qu’il engage auprès de l’Inspection Générale afin de vérifier les méthodes utilisées dans les classes.
 
Le professeur Goigoux est exclu de la formation des Inspecteurs de l'Education Nationale. On lui reproche des positions non conformes à la pensée ministérielle. (Info : "Le Café Pédagogique")
Le Ministère décide ce que les IEN doivent penser...
 >> Réaction du SNUipp + Communiqué de presse
 >>
Eviction de Roland GOIGOUX : communiqué commun.
 
Ce diaporama aborde les questions afin de répondre à la campagne du ministre de l’éducation nationale sur la lecture et à la modification des programmes. Il essaie de présenter la complexité de l’acte de lire, la complémentarité du décodage, de l’accès au sens et de l’entrée dans la culture de l’écrit. Il a l’ambition de positionner l’enseignant comme professionnel de l’enseignement de la lecture, et de lui permettre d’expliciter les différents thèmes abordés à partir de sa propre pratique, quelle que soit sa « méthode », son manuel, sa progression.
Pour lire ce diaporama, il faut avoir Microsoft Powerpoint ou un logiciel équivalent.
En cas d'impossibilité de le visionner, vous pouvez télécharger une version PDF.
 
Le ministre de l'Education Nationale a jugé bon d'ouvrir une polémique sur l'apprentissage de la lecture à l'école en se situant sur le débat des méthodes. Ce débat est dépassé. C'est ce que montrent les résultats de l'école, les travaux des chercheurs et l'expérience des enseignants.
Or, c’est d'une information et d'un dialogue qui permettent de construire un climat de confiance entre les familles et l'école pour favoriser les apprentissages dont nous avons besoin. C'est le but de ce document. Bonne lecture.
 
 
Deux articles sur le même thème :
  - France 2 poursuit la percée syllabique du ministre et lance sous une étiquette expérimentale pseudo-scientifique une nouvelle télé-réalité dont l’unique enjeu n’est autre que la publicité déguisée pour une méthode de lecture à l’attention des familles et des enseignants : « Apprendre à lire à des enfants de 5 ans en 7 jours ».
par Claude SOUM
  - Marchandisation de l'école : quand le service public audiovisuel fait campagne pour un éditeur...
communiqué du SNUipp 75
 
Contre argumentaire à l'adresse des parents d'élèves.
Un outil pour aller à la rencontre des parents ; une très bonne aide pour répondre à leurs questions.
Par Jacques BERNARDIN
 
Ce texte examine les aspects idéologiques qui ont conduit Gilles de Robien à exiger le retour à une méthode synthétique d’enseignement de la lecture au CP. Après un historique rapide montrant que cette décision était en germe dans les débats sur la lecture des dernières décennies, il s’intéresse en particulier à l’opinion publique, aux relations entre parents et enseignants, et entre Education et Santé.
par Jacques FIJALKOW
 
tel est le titre de l'éditorial du prochain bulletin "Actu" du Groupe Français d'Education Nouvelle (GFEN).
par Jacques BERNARDIN
 
par Pierre Boutan, maître de conférences en sciences du langage à l'IUFM de Montpellier (fichier PDF)
 
 
• Lecture: "Le discours de la méthode" de Jacques Bernardin (GFEN)
 
 
appel des syndicats, mouvements pédagogiques, chercheurs...
 
• Sauvons la lecture : appel de chercheurs
 
• La méthode syllabique de lecture, c'est clair, limpide et explicite  Par G. de ROBIEN, notre cher Ministre...
 
 
• Les fantômes de la méthode globale  par André OUZOULIAS (format PDF)
 
 
 
par Roland Goigoux
 
 La méthode globale, cette galeuse   Célestin Freinet (1959)
 
... c’est apprendre à nager sur un tabouret… c’est-à-dire, acquérir un savoir qui ne sert plus en situation de lecture véritable.   par E.Charmeux
 
 Lecture: Vrais Débats ou Fausses Solutions   4 pages spécial-lecture du SNUipp, au format PDF
 
 
 
 
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Un rapport de l’inspection souligne le trouble créé chez les professeurs d’école. Selon l’Inspection il faut faire confiance aux instituteurs.

  "Les dernières semaines ont créé, chez les parents comme chez les maîtres, un trouble préjudiciable à un fonctionnement serein de l’école. Il est aujourd’hui nécessaire de rassurer les parents et de conforter l’action des professionnels de terrain en disant clairement la confiance dans le travail réalisé". Demandé par Gilles de Robien au début de l’année, en pleine campagne médiatique sur la méthode syllabique, le rapport de l’Inspection générale sur "l’application de la circulaire du 3 janvier 2006 et de l’arrêté du 24 mars 2006 sur l’apprentissage de la lecture" ne cache rien du trouble qui touche les enseignants.

  Il souligne autant l’impact de la campagne de Sos Education que les dérapages ministériels. "Au-delà des incidents internes à l’Éducation nationale, qui ne sont pas sans effets sur les personnels enseignants et sur les inspecteurs - tensions dans certains conseils d’IEN, questions vigoureuses dans les instances paritaires -, c’est la publication dans la presse quotidienne régionale d’encarts de l’association SOS éducation qui a suscité de réelles inquiétudes sur le terrain. L’amalgame fait entre manuel et "méthodes", la mise en cause explicite des enseignants ne sont évidemment pas acceptés de professionnels qui font leur métier sérieusement. Les maîtres se sentent sous surveillance ou remis en cause par des parents inquiets".

  Il atteste du sérieux du travail des enseignants. Certes, "la prise en charge de l’hétérogénéité des élèves demeure délicate..., la continuité des apprentissages entre grande section de maternelle et CP est mal assurée". Mais "le temps consacré à l’apprentissage de la lecture et de l’écriture dépasse souvent ce qui est demandé dans les programmes... les enseignants ont conduit une vraie réflexion sur les supports de l’apprentissage de la lecture..., (ils) ont engagé le travail sur le code qui leur est demandé".

  "Les maîtres du cours préparatoire sont très conscients de la responsabilité qui est la leur. Ils travaillent avec un grand sérieux et prennent à cœur leur mission. La circulaire du 3 janvier 2006 et l’arrêté modificatif des programmes ne leur ont pas posé de problème. Ils mettent en place un apprentissage structuré, probablement davantage et plus tôt qu’ils ne le faisaient, et engagent pour la plupart l’étude systématique des relations graphèmes phonèmes".

  Très logiquement l’Inspection invite au calme. Pour elle, il faut "poursuivre le travail engagé sur le terrain en évitant dans l’immédiat la publication de nouveaux textes". La dernière recommandation sonne fort rue de Grenelle. "Aider les enseignants à retrouver de la sérénité : faire confiance aux maîtres de CP et aux cadres intermédiaires, qui ont montré dans leur immense majorité leur engagement et leur sérieux. Si possible, en communication publique, tendre à corriger les représentations mécanistes qui ont pu s’installer dans le grand public... Les maîtres doivent mobiliser des stratégies et des techniques variées pour prendre en charge la variété des fragilités, des difficultés, des atouts et richesses de leurs élèves. C’est là leur responsabilité, c’est là que réside leur expertise professionnelle, qui peut certes être perfectionnée mais qui doit être respectée".

Alors, la formation ?

  Le rapport se pose la question de la formation continue, outil nécessaire de perfectionnement... Et là, accrochez-vous... Non, non, ce n’est pas le discours syndical, c’est bien l’Inspection Générale :

  "En formation continue,(...) il semble bien que les difficultés soient réelles et imputables aux conditions générales d’organisation de la formation continue.
Les crédits consacrés aux frais de déplacement font gravement défaut, souvent du fait des ajustements rendus indispensables par le suivi de la masse salariale. Les moyens de remplacement sont dans bien des cas amputés par la mise en place des stages filés des stagiaires professeurs des écoles de deuxième année (PE2). En effet, les trois stages antérieurs des PE2 étaient mis à profit pour remplacer les maîtres partant en formation continue. Le potentiel de remplacement de stages de trois semaines est ainsi amputé d’un tiers. Néanmoins, dans des académies où le nombre de stagiaires PE2 est supérieur à celui des écoles à quatre classes, le stage filé des PE2 "excédentaires" est utilisé pour mettre en place des formations étalées sur l’année. Un département a conçu à cet égard un dispositif intéressant : le PE2 est placé dans une classe dont le maître, déjà compétent dans le domaine de la lecture, va bénéficier d’une formation d’un jour par semaine devant lui permettre d’être ultérieurement une référence et un appui pour des enseignants exerçant pour la première fois en CP.

  En fait, il semble bien que les actions conduites localement, sans déplacement des enseignants, priment. Les équipes de circonscription réagissent rapidement aux impulsions nationales, plus rapidement qu’on ne peut le faire dans un plan de formation départemental ou académique, et les actions qu’elles conduisent, bien articulées avec les pratiques de classe, sont précieuses.

  Pour autant, il ne faudrait pas qu’elles se substituent progressivement aux actions de formation d’une certaine durée qui permettent mieux d’élucider les présupposés didactiques des méthodes d’apprentissage et qui amènent les enseignants venant de diverses circonscriptions à réfléchir ensemble"

Si c’est l’IG qui le dit, ça devrait faire réfléchir, non ???

 
 
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COMMUNIQUE DE PRESSE
SGEN-CFDT, SE-UNSA, UNSA-EDUCATION, SI.EN-UNSA, SNPDEN, SUP-RECHERCHE, FSU, SNUIPP, SNES, SNEP, SNPIEN, SNESUP, FERC-CGT, UNSEN-CGT

  L'autoritarisme, les expressions provocatrices, les inspections sur ordre, les menaces de sanctions du ministre de l'Éducation nationale ont créé un climat détestable en cette rentrée. Pour y mettre un terme, les organisations syndicales signataires avaient arrêté, le 20 octobre dernier, le principe d'une réaction forte des personnels.

  En ce début novembre, elles constatent les signes d’un changement positif dans l'expression du ministère sur les questions liées à la lecture. Elles y voient la conséquence de la mobilisation des personnels enseignants, enseignants-chercheurs et des corps d'encadrement.

  Ces signaux d’apaisement doivent être confirmés par l’abandon des menaces de sanction.

  Pour les organisations signataires, les défis que doit relever le service public d'Éducation en matière d'intégration et de réussite de tous les élèves nécessitent des relations de coopération et de confiance entre parents, enseignants et responsables de l'Éducation nationale.

  Elles attendent du ministère de l'Éducation nationale qu'il confirme par ses actes l'évolution engagée. Il doit engager un véritable dialogue sur l’ensemble des questions qui sont aujourd’hui l’objet de conflits.

  Elles appellent les collègues à rester vigilants et solidaires.

PARIS, le 9 novembre 2006

 
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COMMUNIQUE DE PRESSE SNUIpp
Apprentissage de la lecture : vers l’apaisement ?

  Le SNUipp constate que les dernières déclarations ministérielles sur l’apprentissage de la lecture (voir texte ci-dessous) montrent un premier recul et la nécessité d’apaiser le climat En affirmant que la « créativité pédagogique reprenne tous ses droits », «qu’ il faut tout aussi bien insister dès le début du CP sur les relations graphèmes-phonèmes et analyser des mots connus en les décomposant… », « en réprouvant ceux qui cherchent à monter les enseignants contre les parents », le Ministre de l’Education nationale cherche à sortir d’une polémique à laquelle il a largement contribué et dont l’école se serait bien passée.

  Défiance envers l'école et autoritarisme desservent l'intérêt des élèves. Le SNUipp se félicite qu’après la réintégration des chercheurs dans les formations, le ministère envisage de ne pas donner suite à la procédure disciplinaire engagée vis à vis d’un inspecteur. Il demande qu’elle soit définitivement abandonnée. Les programmes et les travaux scientifiques qui inspirent les programmes actuels n'exigent pas des enseignants le recours à une méthode unique comme l’ont rappelé l’ensemble des chercheurs dans un texte récent. Ils prévoient de faire travailler en parallèle le décodage des mots et le sens des textes.

  Le SNUipp se félicite que les différentes initiatives prises par les organisations syndicales, de parents d’élèves et les mouvements pédagogiques (pétition, brochure « Apprendre à lire pas si simple », …) contribuent au rétablissement d’un climat de confiance nécessaire à la réussite de tous les élèves.

Paris, le 02 novembre 2006

 
TRIBUNE DE GILLES DE ROBIEN PARU DANS LE JOURNAL LIBERATION DU 02 novembre 2006
La question des méthodes de lecture n’est pas une question idéologique.

  La question des méthodes de lecture n’est pas une question idéologique. Elle témoigne du souci de notre ministère de donner à tous nos élèves et notamment les plus défavorisés les meilleures chances de lire juste et d’écrire juste. J’ajoute que des pays affrontés aux mêmes difficultés que les nôtres ont fait des choix identiques.
  La circulaire « apprendre à lire » et l’arrêté qui modifie les programmes sont depuis le début de l’année 2006 les références écrites en la matière. Ces textes donnent un appui méthodologique sûr aux enseignants de notre pays.
  Que demandent aux maîtres les nouveaux textes ? De travailler systématiquement les correspondances entre les lettres et les sons dès le début du cours préparatoire : « prenant appui sur le travail engagé à l'école maternelle sur les sonorités de la langue et qui doit être poursuivi aussi longtemps que nécessaire, un entraînement systématique à la relation entre graphèmes et phonèmes doit être assuré afin de permettre à l’élève de déchiffrer, de relier le mot écrit à son image auditive et à sa signification possible ».   Ce passage obligé de l’apprentissage de la lecture n’est contesté par aucun spécialiste. On sait que l'enseignement systématique du déchiffrage est d’autant plus efficace qu'il démarre précocement au CP. La raison nous impose donc un cadre ; à partir de là, que la créativité pédagogique reprenne tous ses droits et que chacun utilise la démarche de son choix, à partir du moment ou elle privilégie la précision de l’identification des mots et refuse le tâtonnement aléatoire.
  Un fait mérite par ailleurs d’être placé au premier plan : le cheminement pédagogique fixé pour les débuts du cours préparatoire repose sur les acquis de l’école maternelle. En grande section les enfants ont déjà approché le système alphabétique. Ils ont appris à identifier syllabes et sons ; ils ont emmagasiné du vocabulaire. Arrivant au CP, ils disposent d’un capital de mots dont ils connaissent la signification et qui leur permet déjà une expression précise. C’est cette richesse qui donne sens et efficacité à un apprentissage systématique, dès les débuts du cours préparatoire, du code de notre langue ; c’est ce vocabulaire appris avant d’approcher méthodiquement la lecture qui leur permet d’accéder au sens des mots de façon autonome. Je dirais même que c’est cette richesse du vocabulaire qui leur donne le goût du déchiffrage. Faire travailler systématiquement le déchiffrage au cours des premières semaines du CP ne signifie donc pas que l’on diffère le plaisir de lire et de comprendre bien au contraire on en fourbit les armes !

  Appliquons donc ces textes fruits d’un travail collectif intense. Et puisqu’il faut le redire, oui il faut tout aussi bien :
- insister dès le début du CP sur les relations graphèmes phonèmes de façon à installer le plus rapidement possible le principe alphabétique, c’est à dire la maîtrise du code de notre langue ;
- analyser, sur cette base, des mots connus, en les décomposant à l’aide des signes et des sons qui les constituent, selon une progression rigoureuse.
  Et que l’on cesse d’enfermer l’adjectif « syllabique » dans un sens que l’on présente comme archaïque !
  La syllabe n’est-elle pas la meilleure combinaison pour mettre en évidence la liaison entre les lettres et les sons ? Le meilleur révélateur du principe alphabétique de notre langue ? Qui pourrait affirmer le contraire ?
  J’emploie tout simplement des mots que tout le monde comprend. Et je regrette que l’on cherche parfois à caricaturer ce que je dis alors que chacun sait que l’arrière-plan de mon propos est la circulaire du 3 janvier 2006 et l’arrêté du 24 mars 2006.
  Les approximations, les phrases tirées de leur contexte, les présupposés idéologiques de la réforme, etc., tout cela n’a aucun intérêt : les textes qui s’appliquent désormais constituent une aide précieuse pour les maîtres ; ces maîtres auxquels je redis et redirai ma confiance, tant que je serai à ce poste. C’est pourquoi je réprouve aussi bien ceux qui prétendent se démarquer des textes, oubliant leurs obligations constitutives du caractère national de notre système éducatif, que ceux qui chercheraient à monter les parents contre les enseignants.
  Les enseignants sont aujourd’hui les premiers porteurs du statut de l’écrit dans notre société. Ils ont tout mon soutien dans cette noble tâche. Que les responsables de formation les aident, comme ils en ont le devoir, à s’approprier les textes officiels. Que les inspecteurs continuent à faire leur travail d’explication.
  C’est fort de cet éclairage sur les textes qu’ils ont à appliquer que les maîtres pourront faire vivre au profit des élèves leur liberté pédagogique.

  Je voudrais enfin chasser tout malentendu. Des enfants bien soutenus chez eux, environnés d’écrit et de livres, que leurs parents ont conduits à la lecture avant même le cours préparatoire arrivent à l’école élémentaire avec de solides acquis et pour eux apprendre à lire n’est pas une question de méthode ! Mais j’ai la responsabilité de tous les élèves et en particulier de ceux qui ne bénéficient pas d’un environnement social favorable : pour ces élèves là, tout retard dans l’apprentissage du code de notre langue, des sons qui la constituent, des automatismes qui permettent le déchiffrage rapide, devient en quelques mois insurmontable. Chacun sait que les élèves apprennent très vite au tout début de la scolarité. Chacun sait aussi que les retards s’accumulent aussi rapidement et que dès qu’un enfant prend conscience de ses insuffisances, il est en grand danger d’échec.
  C’est ce souci d’égalité des chances qui a fondé ma décision ; c’est le souci de la réussite pour tous dès le plus jeune âge qui est le moteur de ma détermination. Sur ce sujet je ne participe pas à un débat, j’exerce une responsabilité.

 

 
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Il n'y a pas lieu d'imposer une unique méthode
d'enseignement de la lecture.

  Les récents débats sur les méthodes d'enseignement de la lecture ont conduit un certain nombre de chercheurs en psychologie cognitive, neuropsychologie et sciences de l'éducation à rappeler les résultats des études d'évaluation de l'efficacité des différentes méthodes, et à formuler notamment les recommandations suivantes:

  • Il faut enseigner les relations graphèmes-phonèmes (entre les lettres et les sons) de manière systématique et explicite, dès le début du cours préparatoire.
  • Il existe de nombreuses manières d'enseigner les relations graphèmes-phonèmes: des approches synthétiques, combinant les phonèmes pour construire les syllabes et les mots; des approches analytiques, décomposant les mots en syllabes et en phonèmes; et des approches combinant à divers degrés les deux précédentes. Les études d'évaluation ne font pas ressortir de différences significatives d'efficacité entre ces différentes approches.
  •   Les résultats scientifiques actuels suggèrent donc d'écarter les méthodes qui n'enseignent pas les relations graphèmes-phonèmes, ou qui ne les enseignent pas de manière explicite et systématique, ou qui ne les enseignent pas suffisamment tôt (souvent appelées "méthodes globales", ou selon les acceptions, correspondant à une partie des méthodes globales). Toutes les autres méthodes semblent acceptables.
      L'arrêté de mars 2006 modifiant les programmes d’enseignement de l’école primaire a précisé les programmes de 2002, en restreignant l'éventail des méthodes d'enseignement de la lecture recommandées précisément à celles suggérées par les travaux scientifiques. Il s'agit donc là d'une évolution positive.
      Conformément aux résultats scientifiques, les nouveaux programmes laissent aux enseignants le choix entre les nombreuses méthodes utilisant des approches synthétiques, analytiques, ou une combinaison des deux, dans la mesure où, quelle que soit la méthode choisie, l'enseignant prend soin d'enseigner les correspondances graphèmes-phonèmes, afin de développer l'automatisation de la reconnaissance des mots et la compréhension.
      Compte tenu des textes de loi définissant les programmes, et compte tenu des travaux scientifiques qui les inspirent, il n'y a donc pas lieu d'exiger des enseignants le recours à une méthode unique. Il n'y a notamment pas lieu de leur imposer l'usage d'une méthode exclusivement synthétique (parfois appelée "la méthode syllabique").
      Franck Ramus, Chargé de Recherches au CNRS, et Rémi Brissiaud, Maître de Conférences à l'IUFM de Versailles.


    Co-signataires :
    Mireille Bastien-Toniazzo, Maître de Conférences à l'Université de Provence
    Séverine Casalis, Maître de Conférences à l'Université Lille 3
    Sylvie Cèbe, Professeur à l'Université de Genève
    Pascale Colé, Professeur à l’Université de Savoie
    Marcel Crahay, Professeur à l'Université de Genève
    Jean-François Démonet, Directeur de Recherches à l’INSERM
    Jean Ecalle, Maître de Conférences à l’Université Lyon 2
    Michel Fayol, Professeur à l'Université Clermont-Ferrand II
    Jacques Fijalkow, Professeur à l'Université Toulouse II
    Daniel Gaonac'h, Professeur à l'Université de Poitiers
    Roland Goigoux, Professeur à l'IUFM d'Auvergne
    Jean-Emile Gombert, Professeur à l’Université Rennes 2
    Jacqueline Leybaert, Chargée de Cours à l’Université Libre de Bruxelles
    Annie Magnan, Professeur à l’Université Lyon 2
    José Morais, Professeur à l'Université Libre de Bruxelles
    Laurence Rieben, Professeur à l'Université de Genève
    Liliane Sprenger-Charolles, Directrice de Recherches au CNRS
    Annick Weil-Barais, Professeur à l'Université d'Angers
    Pascal Zesiger, Professeur à l'Université de Genève
    Johannes Ziegler, Directeur de Recherches au CNRS

     
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    Lettre ouverte au ministre de l’Education Nationale,
    de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche

    Paris, le 12 octobre 2006

      Monsieur le Ministre,

      Depuis près d’un an, vous entretenez le trouble dans l’opinion publique sur l’apprentissage de la lecture et professez le simplisme pédagogique en la matière. Vos prises de position, souvent caricaturales et aux fondements scientifiques contestés, s’opposent aux contenus même des programmes que vous avez signés.

      Comment pouvez-vous déclarer en effet que « seule la synthèse (méthode syllabique) doit être employée à l’exclusion de toute autre » alors que les programmes indiquent sans ambiguïté qu’il faut recourir à deux procédures : l’approche synthétique (des lettres vers le mot) et l’approche analytique (du mot vers les lettres) ?

      Comment pouvez-vous prétendre, monsieur le ministre, que la méthode syllabique est la meilleure méthode d’apprentissage de la lecture alors que, par le passé, avant même que l’on parle d’approche globale de la lecture, près d’un jeune sur deux sortait de l’école sans aucun diplôme ? Les professeurs de collège se plaignaient à l’époque que leurs élèves savaient déchiffrer mais qu’ils ne comprenaient pas ce qu’ils lisaient. On constate aujourd’hui encore, d’après une enquête INSEE de 2004, que c’est parmi les plus de 55 ans que le pourcentage de personnes ayant des difficultés de lecture est le plus important.

      Comment pouvez-vous affirmer que votre démarche s’appuie sur des études scientifiques alors que vous empêchez des chercheurs de s’exprimer et que les soutiens que vous avez évoqués prennent ouvertement leurs distances comme viennent de le faire plusieurs chercheurs en neurosciences lors d’un séminaire du Collège de France en déclarant : « La psychologie cognitive ne prescrit pas de méthode unique d’enseignement » ou encore « les approches synthétique et analytique sont toutes les deux efficaces » ?

      Monsieur le ministre, vous affichez publiquement des positions qui sont en contradiction avec celles des programmes que vous avez signés.

      Vous déformez délibérément les résultats aux différentes évaluations pour pouvoir prétendre que les élèves ne savent plus lire et que l’Ecole est en danger.

      Vous écartez des chercheurs reconnus des dispositifs de formation sous prétexte que leur parole n’est pas en conformité avec votre discours.

      Vous menacez les enseignants du premier degré d’une enquête pour vérifier s’ils appliquent vos consignes et à l’inverse, vous soutenez officiellement les promoteurs du retour aux méthodes pédagogiques d’il y a un siècle et qui sont en contradiction avec les programmes officiels actuels.

      Vous engagez les parents à dénoncer les maîtres qui n’appliqueraient pas une méthode exclusivement syllabique, alors qu’ils n’ont pas les compétences pour identifier la méthode utilisée et que ce n’est pas leur rôle.

      Jusqu’où irez-vous monsieur le ministre, dans le dénigrement des enseignants et le mépris des parents ? Jusqu’où ira votre acharnement ?

      Parents, nous considérons que la réussite de nos enfants aujourd’hui ne passe pas par le retour aux méthodes du passé. Nous considérons que c’est par le dialogue entre enseignants, parents et responsables de l’Education nationale que le progrès est possible dans le domaine de l’éducation. Nous rejetons toute forme d’autoritarisme.

      Enseignants, nous sommes des professionnels. Nous connaissons et respectons les programmes d’enseignement. Nous oeuvrons tous avec détermination et professionnalisme pour conduire le plus grand nombre d’enfants à la maîtrise de la lecture et de l’écriture.

      Inspecteurs de l’Education nationale, conseillers pédagogiques et formateurs d’enseignants, nous avons toujours fait en sorte d’aider les enseignants dans leur pratique professionnelle dans le respect de la personnalité de chacun et dans l’intérêt des élèves.

      Militants d’associations éducatives, nous savons par notre engagement au côté de l’Ecole que l’apprentissage de la lecture passe par des voies multiples et diversifiées et mérite mieux que les slogans et les simplismes.

      La réussite des élèves ne peut se résumer à une affaire de méthode. Au-delà du professionnalisme nécessaire, elle nécessite une relation de coopération et de confiance entre les parents et les enseignants, relation nourrie par le dialogue et que nous nous employons quotidiennement à construire.

      Aussi, nous vous demandons, monsieur le ministre, de cesser de caricaturer l’apprentissage de la lecture, de mettre en cause la formation des enseignants et d’entretenir la suspicion au sein de notre système éducatif, car en faisant cela, c’est vous qui mettez l’Ecole en danger.

    AFEF – Viviane YOUX, Présidente
    AGEEM - Lucille BARBÉRIS, Présidente
    AIRDF – Christine BARRÉ DE MINIAC, Présidente
    CRAP Cahiers pédagogiques, Dominique GUY, Secrétaire générale
    FCPE – Farid HAMANA, Président
    GFEN – Odette BASSIS, Présidente
    ICEM Pédagogie Freinet – Catherine CHABRUN, Présidente
    LIGUE DE L’ENSEIGNEMENT – Eric FAVEY, Secrétaire national
    SI.EN-UNSA – Patrick ROUMAGNAC, Secrétaire général
    SE-UNSA – Luc BÉRILLE, Secrétaire général
    SGEN-CFDT – Jean-Luc VILLENEUVE, Secrétaire général
    SNUIPP-FSU – Gilles MOINDROT, co-secrétaire général
    SNPI-FSU – Erick PONTAIS, Secrétaire général

     
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    DVD 'Apprendre à lire' :
    De la communication scientifique à la propagande médiatique

    (Lu sur le "Café Pédagogique")

    http://www.cafepedagogique.net

      Le DVD "Apprendre à lire" est désormais disponible dans toutes les circonscriptions et écoles primaires. Il a pour but d'accélérer la mise en œuvre de la "pensée Robien" sur la lecture dans toutes les écoles de France.

      Sans en faire un décryptage complet, une première évidence : une fois de plus, M. de Robien (ou ses petites mains) censure ce qui le dérange, y compris chez les chercheurs qu'il invite à parler. C'est le cas, par exemple, lors du séminaire du 9 mars 2006 où les inspecteurs avaient été rassemblés pour entendre la bonne parole ministérielle.
      Le lecteur du Café peut s'en rendre compte simplement, en comparant les extraits du DVD pour l'intervention de Jean-Emile Gombert avec le compte-rendu intégral fait par le Café Pédagogique dès le lendemain de la réunion :
    (http://cafepedagogique.net/dossiers/semlec/index3.php).

      Tout le début et la fin de son intervention (qui avait été très applaudie par les inspecteurs) ont disparu.

      Que disait-il de si dangereux pour être zappé dans le DVD de la pensée officielle ? "Les exposés (des intervenants précédents, NDLR) nous donnent des bases, mais ont un inconvénient : elles se focalisent sur certains aspects et en ignorent d'autres, parce qu'ils ne sont pas dans l'air du temps ou dans l'ordre du jeu. Il est donc essentiel de ne pas limiter les prolongements de ces propos à leur teneur de ce matin."

      Lorsqu'il poursuit son intervention, il pose la question : "Nous sommes tous d'accord sur l'importance de l'enseignement des correspondances grapho-phoniques. Mais cela impose-t-il qu'on revienne à des méthodes anciennes d'enseignement dites syllabiques et reposant sur le B-A-BA ? Je pense que la réponse est clairement non, pour plusieurs raisons…". Cette phrase est zappée du DVD (12 mn 38 s)

      Pour la conclusion, l'intervention de M. Gombert s'arrête, dans le DVD, à "L'automatisation des procédures (nécessite) une pratique suffisante de la lecture et de l'écriture. Pour que cette pratique soit importante, il est nécessaire que les activités suscitent l'envie de lire...".

      Mais le ministère de la pensée "de Robien" enlève la suite du propos de Jean-Emile Gombert : "...ce qui n'est pas le cas des méthodes B-A-BA !".

      La production ministérielle zappe aussi les dernières phrases, peu audibles pour les ayatollahs démagogues : "Il ne convient donc pas de demander aux enseignants de changer de méthode pour une méthode syllabique, mais il faut leur demander d'enseigner les correspondances grapho-phonétiques. Ce n'est pas demander un bouleversement, la plupart le faisant déjà. Cela peut se faire avec les outils disponibles qui le prévoient. Ils est contre-productif de laisser croire que ce n'est pas le cas, ou de jeter l'opprobre sur l'existant.(1)" (Applaudissements nourris de la salle).

    Le compte-rendu publié à l'époque par le Café Pédagogique (qui, lui, avait retranscrit fidèlement TOUS les propos) : http://cafepedagogique.net/dossiers/semlec.

    Nous reviendrons dans le détail sur cette production audiovisuelle d'inspiration soviétique, qui réussit par exemple à donner la parole, pour la partie "conseils pédagogiques" à des chercheurs en neurosciences qui reconnaissaient, dans une réponse à un IEN lors du séminaire du 9 mars, leur "manque d'expérience pédagogique" sinon "avec ses propres enfants"... Peut-être pourrait-on à l'avenir demander l'avis des médecins sur la conduite des motrices de TGV ou la manière de monter des chaudières solaires ? Après tout, ils ont déjà au moins pris le train une fois, et constaté que parfois il n'y a plus d'eau chaude quand toute la famille a pris son bain...

    La rédaction

    (1) C'est-à-dire, à peu de chose près, la même chose qui vaut à Goigoux son éviction de la formation des inspecteurs au motif qu'on "ne peut pas prendre un chauffard pour donner des cours à l'auto-école", dixit de Robien…

     
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    Monsieur le Ministre, ça suffit !
    Non au délit d’opinion à l’Éducation Nationale

      Le Ministre de l’Éducation Nationale a annoncé au Sénat qu’un inspecteur de l’Éducation Nationale de l’Académie de Lille faisait l’objet d’une procédure disciplinaire. Il veut ainsi prouver sa détermination à poursuivre la polémique sur la lecture. Sans doute à bout d’arguments et alors que de nombreux scientifiques ont pris leur distance avec son discours simpliste et démagogique, il recourt à un autoritarisme inquiétant. Il vient d’écarter de la formation des futurs inspecteurs Roland Goigoux, spécialiste reconnu de l’apprentissage de la lecture. Il voudrait empêcher les enseignants d’expliquer publiquement leurs pratiques et de construire un climat de confiance avec les parents qui favorise les apprentissages des enfants. Il s’attaque maintenant aux corps d’inspection. Preuve de force ou aveu d’impuissance ?
      En cette rentrée, les enseignants, les inspecteurs et les formateurs ont travaillé avec professionnalisme et ont cherché à mettre en œuvre les programmes en matière d’apprentissage de la lecture. Ce sont les déclarations ministérielles démagogiques qui ne correspondent pas aux programmes en vigueur.
      Le SNUipp s’oppose à la mise au ban de certains formateurs et à l’appauvrissement de la formation et de la recherche. Il apporte tout son soutien aux enseignants, aux formateurs et aux inspecteurs victimes de cet autoritarisme. Il demande au ministre de lever toutes les menaces de sanction. Dans le cas contraire, le SNUipp proposera à toutes les organisations de l’Éducation de construire une action unitaire de grande ampleur.

    Paris, le 8 octobre 2006

     
     
    Pour le "Café Pédagogique" (http://www.cafepedagogique.net)
    Un débat qui ne mène qu'au désordre

      Le débat sur la lecture est-il digne d'un ministre de l'éducation ?
    "Un inspecteur fait l'objet d'une procédure disciplinaire, motivée par un manquement grave à ses obligations. Les cadres de la fonction publique doivent appliquer les instructions, et les faire appliquer".   Quelques jours après l'éviction de Roland Goigoux, en lançant cette annonce au Sénat, le 5 octobre, Gilles de Robien savait très bien qu'il relancerait un conflit avec les acteurs de l'école.
      La réaction ne s'est pas fait attendre. L'Unsa Education et le Sien-Unsa, puis le Snuipp, ont dénoncé son "autoritarisme" et promis "un conflit majeur" si le ministre ne renonçait pas aux sanctions.
      Alors qu'il s'oppose déjà aux enseignants sur de nombreux sujets (les décharges récemment), le ministre est en train de s'aliéner les cadres du système éducatif. Ce combat est-il justifié ? Le jour même où le ministre parlait au Sénat, ses services publiaient les résultats d'une enquête sur la lecture.
      Les statistiques des évaluations en lecture réalisées dans le cadre de la Journée d'appel de préparation à la défense offrent une vision unique des compétences des jeunes. En effet, elles concernent tous les jeunes Français sans exception, garçons et filles, scolarisés et déscolarisés.
      Que nous apprennent-elles ? 80% des jeunes n'ont aucune difficulté de lecture, 10% sont des lecteurs médiocres et 11% ont des difficultés de compréhension dont 4% ont des difficultés très grandes.
      A la lecture de ces chiffres on se rend compte qu'ils n'ont de signification que relative. On remarquera d'abord leur stricte stabilité depuis 2000. On pourrait également comparer ces données aux scolaires des générations précédentes : 13% des 40-54 ans sont en très grande difficulté, 19% des 55-65 ans.
      Mais l'enquête 2005 apporte des précisions géographiques et scolaires éclairantes. On a d'autant plus de chance d'être en difficulté qu'on quitte tôt le collège : c'est le cas d'un jeune sur quatre qui n'a pas fini le collège. La remarque a un sens au moment où le gouvernement supprime la scolarité jusqu'à 16 ans. Certains département se distinguent : le 93, la Somme, l'Yonne…
      Qui oserait prétendre que ce sont des départements qui appliquent davantage la méthode globale ? Comment ne pas voir le lien entre ces résultats et les origines sociales de ces jeunes. Ainsi, dans une étude sur les jeunes de Segpa, Roland Goigoux avait pu montrer que 97% des mauvais lecteurs sont issus de catégories sociales défavorisées. Une variable que le ministère reconnaît d'ailleurs comme déterminante pour les résultats aux évaluations nationales.

    Cette réalité sociale, le ministre s'acharne à la nier dans son discours sur la lecture. Hors de toute approche scientifique, le débat sur l'apprentissage de la lecture n'est plus qu'un faire-valoir électoral. Point de ministre, il n'y a plus qu'un candidat.

     
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    Méthode De Robien : menaces et intimidations

      Le ministre de l’Éducation Nationale a donc choisi la manière forte pour imposer ses vues en ce qui concerne les méthodes d’apprentissage de la lecture.
      Il en vient même à menacer collectivement la profession par une mission qu’il engage auprès de l’Inspection Générale afin de vérifier les méthodes utilisées dans les classes (source sur le site du Ministère)
      Il s’agit là d’un précédent sans équivalent depuis de longues années : le formatage pédagogique imposé par le ministère à l’encontre même des programmes remaniés au printemps dernier.
      Nulle part dans ces programmes, il n’est indiqué une interdiction d’une méthode de lecture. Il est même spécifié : « on utilise deux types d’approches complémentaires : analyse de mots entiers en unités plus petites référées à des connaissances déjà acquises, synthèse à partir de leur constituants, de syllabes ou de mots réels ou inventés. »
      Par ailleurs, l’interdit professionnel qui frappe Roland Goigoux (voir plus bas) aggravé par les commentaires diffamatoires et mensongers (comparant publiquement notre collègue à un « moniteur d’auto école chauffard ») du ministre de Robien sont à nos yeux d’une gravité extrême. Alors que tout le monde s’accorde à reconnaître l’extrême compétence de Roland Goigoux en matière de recherche sur l’apprentissage de la lecture, son respect scrupuleux des textes officiels et qu’aucune faute professionnelle ne peut lui être reprochée, les décisions prises à son encontre relèvent de l’arbitraire le plus total et d’une volonté non dissimulée d’imposer une pensée d’état dans un domaine qui exige avant tout mobilisation de l’intelligence, discernement et pragmatisme.
      La dérive autoritariste et la malhonnêteté intellectuelle manifestées en cette occasion par le ministre De Robien sont inadmissibles. Une telle atteinte à la liberté pédagogique et à la liberté de pensée est une insulte à tous les enseignants. La mise au pas et la normalisation recherchées au travers de cette opération qui s’apparente par bien des aspects à une manipulation, dépasse par sa portée la médiocre polémique initiée par le ministre sur la question de la lecture.

      Adepte du double discours, le ministre est, en outre, régulièrement désavoué par les scientifiques dont il dénature ou extrapole les travaux pour justifier sa croisade démagogique et simpliste.
      Dernier exemple en date, lors du colloque "Les sciences de la lecture et son apprentissage" (le 2 octobre au Collège de France), les chercheurs en neurosciences et en psychologie cognitive ont nettement pris leur distance par rapport aux affirmations du ministre.
      Ajoutons que ce colloque devant être clôturé par M. De Robien, des formateurs de tous les départements invités à ce colloque ont décidé de quitter la salle dès l’arrivée du ministre, montrant une fois de plus que son discours rétrograde est loin de faire l’unanimité dans la profession contrairement à ce qu’il prétend.

      Le SNUipp-FSU 11 exprime son accord total avec l’attitude professionnelle de Roland Goigoux. Il refuse que la pensée d’État s’impose désormais à l’ensemble des éducateurs et des citoyens. Comme d’autres organisations, il demande au ministre de revenir sur ses propos et sur ses menaces.

     
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    Flash spécial du 22 - 09 - 06 -  Roland Goigoux exclu pour non-conformité à la pensée d'Etat
    Le professeur Goigoux est exclu de la formation des Inspecteurs de l'Education Nationale. On lui reproche des positions non conformes à la pensée ministérielle.
      Roland Goigoux, professeur d'Université en Sciences de l'Éducation à l'IUFM d'Auvergne, assurait depuis 10 ans la formation sur l'enseignement de la lecture des inspecteurs de l'éducation nationale organisée par l'Ecole supérieure de l'éducation nationale (ESEN). Il vient d'en être écarté.
      Pour R. Goigoux, cette exclusion est une réponse à ses prises de position sur l'enseignement de la lecture et à la publication récente de "Apprendre à lire à l'école" (éd. Retz), un ouvrage qui rencontre un bon succès auprès des parents (10 000 exemplaires vendus en quelques jours).
      Écrit en collaboration avec Sylvie Cèbe, cet ouvrage présente avec clarté et loyauté le contenu des programmes en vigueur, ceux de 2002 modifiés en 2006. À ce titre, il tranche effectivement avec les propos récents de Gilles de Robien qui vont bien au-delà du décret qu'il a signé au printemps. Les textes officiels promulgués exigent un enseignement précoce et systématique des relations entre les lettres et les sons mais ils n'imposent pas la méthode syllabique, pas plus qu'ils n'excluent la lecture de mots entiers au début du cours préparatoire. Ils demandent au contraire aux enseignants "d'utiliser deux types d'approches complémentaires : analyse de mots entiers en unités plus petites référées à des connaissances déjà acquises, synthèse à partir de leur constituants, de syllabes ou de mots réels ou inventés". (arrêté du 24 mars 2006).
      L'émission "Le téléphone sonne" du 6 septembre sur France Inter, réunissant Gilles de Robien et Roland Goigoux, avait mis en lumière le décalage entre l'esprit du ministre, proche des directives de 1923, et la lettre des programmes actuels ayant pourtant force de loi. Roland Goigoux se plaint d'avoir été mis à l'écart "à la demande du ministre".
      "Pour la formation des cadres il est normal que les intervenants fassent preuve de la plus grande loyauté envers le ministre" a déclaré Jean David, directeur de l'Esen, au Café. Il justifie sa décision par la volonté de "varier les intervenants" mais aussi par les "positions pas toujours favorables au ministre" prises par M. Goigoux.
      Roland Goigoux, qui dirige le laboratoire de recherche PAEDI, est un spécialiste reconnu dans le champ de l'enseignement de la lecture. Son éviction inquiète ses amis. "A l'opposé de la logique universitaire, qui veut que la compétence fasse loi, l'Esen introduit un nouveau critère : la soumission à la pensée officielle".
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    Délit d’opinion / réaction immédiate du SNUipp

    L’éviction de Roland Goigoux suscite un vif émoi dans le monde éducatif.

      Rappelons les faits : Roland Goigoux, professeur d’Université en Sciences de l’Éducation à l’IUFM d’Auvergne, assurait depuis 10 ans la formation sur l’enseignement de la lecture des inspecteurs de l’éducation nationale organisée par l’Ecole supérieure de l’éducation nationale (ESEN). Il vient d’en être écarté. Jean David, directeur de l’Esen, justifie sa décision en mettant en cause R. Goigoux : "pour la formation des cadres il est normal que les intervenants fassent preuve de la plus grande loyauté envers le ministre". Il lui reproche "des positions pas toujours favorables au ministre". Pour Roland Goigoux c’est Gilles de Robien qui a demandé sa tête.

      Les positions sur l’apprentissage de la lecture de Roland Goigoux sont exposées dans un petit livre, "Apprendre à lire à l’école", qu’il vient de publier, avec Sylvie Cèbe, aux éditions Retz. Que dit Roland Goigoux ? "Si la science ne tranche pas (sur la méthode d’apprentissage), les programmes, eux, ne laissent pas le choix aux enseignants. Leur dernière version (2006) stipule sans ambiguïté qu’il faut recourir aux deux procédures, plaçant "hors jeu" et la méthode synthétique qui exclut l’analyse, et la méthode globale qui exclut la synthèse. Il ne faut pas croire ceux qui affirment que la méthode syllabique est préconisée. Ce sont les approches combinant analyse et synthèse que le ministre recommande aujourd’hui. L’arrêté du 24 mars 2006, signé de sa main, exige, en effet, "le recours à deux types d’approches complémentaires pour identifier les mots écrits". Un peu plus loin il estime que cet arrêté est "heureux".

      C’est dire que l’accusation de "manque de loyauté" mérite d’être regardée de plus près. L’ouvrage de R. Goigoux et S. Cèbe s’appuie sur le texte de mars 2006. Il le rend accessible aux parents et lui rend hommage. Ce faisant, il montre l’écart entre les propos de Gilles de Robien qui, sur les médias, affirme imposer le retour à la méthode syllabique, et le texte officiel du ministre. Cette position, le ministre de l’éducation nationale ne peut l’assumer puisque la nocivité de la méthode traditionnelle syllabique a été établie par la recherche et dans les propres publications ministérielles.

      Ce n’est pas la première fois qu’un chercheur est sanctionné pour avoir véhiculé des idées entrant en conflit avec une position politique. On se souvient, par exemple, de l’ouvrage de T. Piketty, directeur d’études à l’EHESS, retiré de la vente 24 heures après sa publication en avril 2006. Il défendait une thèse intéressante, mais contradictoire aux choix ministériels, sur l’éducation prioritaire.

      Cependant, la décision qui touche R. Goigoux est particulièrement injustifiée. D’une part parce qu’elle jette le discrédit sur ses travaux et met en cause son travail scientifique. C’est un déni dangereux pour la crédibilité du travail des chercheurs et surtout pour la qualité de la formation des inspecteurs et des cadres de l’éducation nationale. Ensuite parce que l’apprentissage de la lecture est un sujet sérieux qui devrait être à l’abri du combat politique. Enfin parce que cette sanction aggrave le trouble jeté dans une institution scolaire qui mériterait d’être soutenue par son ministre. Elle vise à mettre fin au débat professionnel alors que celui-ci est, toujours, nécessaire. Elle symbolise le choix du ministre de soumettre l’Ecole et ses acteurs à l’idéologie au lieu de lui donner force et cohérence.

    Communiqué de presse SNUipp
    INTERDITS DE FORMATION : Le SNUipp demande au Ministre de revenir sur sa décision

      Le SNUipp tient à exprimer son indignation face à la décision du ministère de l’Éducation Nationale de ne pas maintenir l’intervention de Roland Goigoux (Professeur des universités à l’IUFM d’Auvergne) dans le cadre de la formation des IEN (Inspecteurs de l’Éducation Nationale). R. Goigoux assurait depuis 10 ans la formation sur l’enseignement de la lecture des inspecteurs de l’Éducation nationale organisée par l’École supérieure de l’éducation nationale (ESEN).

      De plus, le Ministre intervient pour écarter de toute formation les chercheurs qui ne conviennent pas à ses dogmes, comme il vient de le faire dans les Landes pour la réunion pédagogique du 04 octobre.

      Alors que le Ministre a entretenu une polémique sur l’enseignement de la lecture, que de très nombreuses organisations professionnelles ont dénoncé ces propos et ces positions sur cette question, qu’ils ont rappelé - comme R. Goigoux - que les programmes officiels soulignent l’importance de poursuivre des démarches d’apprentissage multiples, le Ministre décide de sanctionner "de fait" ceux qui ne se soumettent pas à son point de vue. Le Ministre a dans le même temps choisi de dégager des moyens et du temps pour des enseignants qui abondent dans son discours et ne cessent de dénigrer l’École, semant le doute auprès des parents.

      Cette vision caricaturale de l’École nuit aussi à la bonne scolarité des élèves.

      Le SNUipp conteste ces décisions et rappelle que la formation, la recherche, les pratiques pédagogiques ne peuvent se soumettre à un seul point de vue et doivent au contraire accepter la confrontation, la diversité. C’est à cette condition que l’on permettra à l’École de travailler à la réussite de tous les élèves.

      Le SNUipp proteste auprès du Ministre et demande que ces interdits soient levés.

    Paris, le 25 septembre 2006

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    Apprentissage de la lecture
    Le ministre continue à entretenir le trouble dans l’opinion

      Un séminaire sur l’apprentissage de la lecture s'est tenu ce lundi 2/10/2006 au Collège de France, en présence du ministre de l’Education nationale. Il était organisé à l’intention des formateurs d’IUFM au moment même où une censure professionnelle s’exerce à l’encontre de Roland Goigoux, professeur des Universités en sciences de l’éducation et enseignant à l’IUFM d’Auvergne.
      Cet universitaire vient d’être exclu de la formation des inspecteurs de l’Education nationale où il assurait, depuis plusieurs années, des cours sur l’apprentissage de la lecture. Pourtant, ses compétences professionnelles, son dévouement et son sens du service public sont unanimement reconnus. On ne peut trouver dans les écrits de Roland Goigoux le moindre encouragement à ne pas appliquer les programmes sur l’apprentissage de la lecture modifiés en mars dernier. En revanche, le ministère lui reproche la publication d’un ouvrage récent — Apprendre à lire à l’école — qui s’écarterait, non pas des programmes, mais du discours tenu par le ministre lui-même sur la lecture et dans lequel il préconise fortement l’utilisation des seules méthodes syllabiques au CP.
      Ainsi, Roland Goigoux se trouve écarté de la formation des cadres de l’Education nationale parce qu’il ne professe pas le simplisme pédagogique. L’actuelle décision ministérielle confirme l’émergence d’une pensée officielle visant à faire taire les pensées critiques et à mettre au pas la Recherche et les corps d’inspection. Au-delà de la seule formation des cadres, c’est la formation des enseignants qui est menacée d’appauvrissement, et avec elle, à terme, la qualité de l’enseignement dispensé aux élèves.   Parce qu’il n’est pas dans la tradition de l’enseignement public de confondre formation et conformation, les organisations signataires rappellent leur attachement au respect de la mission des enseignants-chercheurs, dont l’indépendance garantit la qualité scientifique.
      Les organisations signataires s’inquiètent de la propension du ministre à entretenir le trouble dans l’opinion sur l’apprentissage de la lecture. Elles réaffirment que l’intérêt des élèves ne réside pas dans une opposition démagogique entre parents et enseignants, mais dans une relation de coopération et de confiance mutuelle nourrie par le dialogue.

    AGEEM - AFEF - CRAP – GFEN - ICEM - OCCE – SGEN-CFDT –
    SE-UNSA - UNSA-Education - SUP’Recherche – SI.EN
    FSU - SNUIPP - SNES - SNESup - SNPI

    Le 2 octobre 2006

     
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    Alors, toi, t’es plutôt syllabique ou pas ?

      Récemment, nous avons appris avec stupéfaction qu'à l'issue d'une réunion le 6 février (regroupant les 52 IEN de l’Académie) destinée à appliquer la circulaire ministérielle « Apprendre à lire », le Recteur de l'Académie de Montpellier s'apprêtait à recommander des manuels scolaires et à en interdire d'autres comme les livres « Ratus » et « Gafi » par exemple. Le Ministère a-t-il l'intention de produire un manuel officiel et d'aller ainsi à l'encontre de la liberté pédagogique ? A-t-il l'intention d'effectuer les mêmes choix pour l’Histoire-Géographie ou la Philosophie ? Se rend-il compte du trouble lancé dans l'opinion publique lorsque l'on sait que ces deux manuels sont largement utilisés à ce jour dans les cours préparatoires ?

      Le SNUipp s'élève avec la plus grande vigueur contre cette remise en cause de la conscience professionnelle et de la responsabilité pédagogique des enseignants du premier degré. Il rappelle que le choix des manuels relève de l'initiative des enseignants et de l'équipe : en aucun cas il n'appartient au Recteur d'Académie ou aux municipalités d'effectuer un choix ou d’exercer des pressions en faveur de tel ou tel ouvrage, de tel ou tel éditeur... Cela remettrait en cause de manière gravissime des fondements de l’école laïque à laquelle nous sommes attachés.

      Le SNUipp a demandé au Ministre de l'Éducation Nationale d'apporter un démenti sans ambiguïté à cette annonce. Celui-ci a indiqué au SNUipp qu’il ne s’agissait pas d’une recommandation ministérielle et que le Ministère n’avait pas l’intention de dresser une liste de manuels recommandés ou interdits.

      Suite à cette intervention, le Recteur de l’Académie de Montpellier, en date du 9/02/06, a rendu public le communiqué ci-dessous :

      Le Recteur de l’Académie de Montpellier confirme qu’il a interdit l’utilisation de la méthode globale pour l’enseignement de la lecture. Cette interdiction porte sur la méthode et non pas sur les manuels qu’utilisent les maîtres. Ceux-ci sont responsables du choix des ouvrages à proposer aux élèves. Le Recteur précise que les manuels retenus doivent être utilisés selon les principes développés dans la circulaire ministérielle qui, notamment, permettent d’installer l’automatisation de la reconnaissance des mots par des exercices systématiques de liaison entre les lettres et les sons. Dans l’Académie, le choix des enseignants, qui sont conseillés par les Inspecteurs, s’exercera selon ces principes.

      Le SNUipp rappelle enfin, qu’en tout état de cause, il convient de se conformer aux instructions officielles de 2002 actuellement en vigueur.

     
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    Ali est un âne
    Une méthode en vogue du temps de ce que certains nomment "la grandeur de la France". Chacun appréciera...
     
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    Télé réalité ; publicité déguisée

     France 2 poursuit la percée syllabique du ministre et lance sous une étiquette expérimentale pseudo-scientifique une nouvelle télé-réalité dont l’unique enjeu n’est autre que la publicité déguisée pour une méthode de lecture à l’attention des familles et des enseignants : « Apprendre à lire à des enfants de 5 ans en 7 jours »

      Un couple franco-suisse de pédagogues veut apprendre à lire à des enfants âgés de 5 ans en 7 jours en créant une méthode de lecture transformant l'apprentissage en jeu. Un emballage expérimental qui fait l'objet d'un film « scientifique », est mené à l'école maternelle publique de Doussard (Haute-Savoie).

      Un huissier s’est assuré auprès des parents des enfants cobayes que ces derniers ne savaient pas lire !!! et ne connaissaient pas la méthode de lecture intitulée "la planète des Alphas". A la fin de l'expérience une équipe de chercheurs « indépendants » testera les enfants avec un texte simple composé de mots courts et l'huissier attestera du taux de réussite.
      Entre temps enfants et parents ont reçu le matériel pédagogique, un DVD avec une histoire fantastique à écouter, un livre et des figurines où, par exemple, Mademoiselle U est une fillette avec des nattes qui se dressent en forme de "U" sur sa tête chaque fois qu'elle crie "hue!" à son cheval". Ils se sont familiarisés avec l'histoire pendant le week-end et ont commencé les cours …

      Quelques citations extraites du site de France2 présentant le projet :

      "Nous faisons le pari qu'ils peuvent comprendre en 7 jours le code de l'écriture. Ils ne pourront pas tout lire mais ils sauront déchiffrer un texte simple, sauf s'il y a parmi eux des enfants dyslexiques", explique le philosophe Olivier Dubois, impliqué dans le projet.
      Selon M. Dubois, un des problèmes en France est que "tous les enseignants du primaire sont fabriqués sur le même moule, avec peu de notions d'apprentissage de la lecture, alors qu'enseigner dans un CP n'a rien à voir avec l'enseignement dans un CM2".

      En guise de conclusion :
      Le CSA doit être saisi par l’ensemble de la profession pour bloquer l’opération comme ce fut le cas en Belgique.
      Je vous invite à surfer sur le site des « alphas » ; le concept marketing est au point : à partir d’une présentation extrêmement sélective de la recherche et des pratiques de lecture, le concept de leur méthode apparaît largement relayé par les pages «bon de commande», «boutiques» où une vaste palette d’outils, de valises, figurines, affiches, et même «promotions» permet de répondre à la demande !

    Claude SOUM

    Marchandisation de l’école
    Quand le service public audiovisuel
    fait campagne pour un éditeur

      Une orthophoniste et son compagnon "philosophe" prétendent avoir inventé la méthode de lecture qui permettrait de résoudre toutes les difficultés...

      Complaisamment relayée par la télévision publique (feuilleton journalier de 5 minutes du journal de 13h sur France 2 prévues la semaine du 8 mai) et Le Figaro, une pseudo expérience a été menée auprès de 10 enfants de grande section pour leur "apprendre à lire en 7 jours". Les auteurs clament leur réussite après 7 fois 5 heures d'apprentissage de lecture parce que "4 enfants lisent des phrases et 4 lisent des mots simples et les 2 autre se sont bloqués". Belle réussite en effet !!!

      A qui veut-on faire croire que les enfants de grande section n'ont jamais entendu parler de l'alphabet et des sons, que les enseignants ne les ont jamais fait travailler sur la langue ? Seraient-ils allés chercher des enfants sauvages ?

      Comment peut on encore prétendre résumer la lecture au simple déchiffrage de syllabes en se gardant bien, en plus, de rappeler qu'une même graphie peut correspondre à plusieurs sons et réciproquement ?

      Avant même la diffusion de l’émission, une plaquette publicitaire avec bon de commande est parvenue dans les écoles de Paris.

      Le SNUipp dénonce ce qui n'est rien d'autre qu'une opération marketing parfaitement orchestrée, surfant sur les angoisses des parents largement entretenues par G. De Robien après sa vaste campagne de déstabilisation des enseignants du 1er degré autour de la lecture.

      Le SNUipp s'adresse au CSA afin de l'interpeller sur le respect de la déontologie du service public audiovisuel.

     
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    Le SNUipp est à l'initiative d'un appel sur la question fondamentale de l'apprentissage de la lecture, suite à la polémique lancée par le Ministre. Il est largement signé par des organisations syndicales, mouvements pédagogiques, chercheurs...

    Apprentissage de la lecture
    Assez de polémiques, des réponses sérieuses !

      L’apprentissage de la lecture est un enjeu majeur, pour toute la scolarité d’un enfant comme pour sa vie d’adulte et de citoyen. Chaque enseignant, chaque parent y accorde à juste titre une grande importance.
      Sur ce sujet trop souvent l’objet de polémiques stériles, les organisations syndicales, les organisations de parents d’élèves, les mouvements pédagogiques et les personnalités signataires tiennent à rappeler quelques éléments incontestables et proposent, que l’information des parents et des enseignants reste sur un terrain, qu’elle ne doit jamais quitter : celui de l’intérêt de l’enfant.
    1. L’apprentissage de la lecture, ne relève pas seulement du cours préparatoire, et vouloir ramener la réussite ou l’échec de l’élève au seul choix de la méthode de lecture n’est pas sérieux. Certes, le CP est un maillon essentiel dans le processus d’apprentissage, mais le rôle de l’école maternelle qui prépare les enfants à une bonne maîtrise de la langue orale et du cycle 3 qui doit les mener à une bonne compréhension des textes est tout aussi important.
    2. La méthode dite « globale », écartée par les programmes de l’école élémentaire de 2002, n’est pratiquement plus utilisée dans les écoles. La majorité des manuels de lecture enseignent les correspondances entre les lettres et les sons, dès les premiers jours du cours préparatoire.
    3. La situation de l’école ne correspond pas à la description caricaturale qui en est faite.
      Toutes les comparaisons internationales montrent que la France obtient des résultats similaires à ceux des pays voisins européens. Les jeunes n’éprouvent pas plus de difficultés que leurs aînés, au contraire : l’INSEE a dénombré 4% d’illettrés chez les 18-24 ans, mais 14% chez les 40-54 ans et 19% chez les 55-65 ans. Le déchiffrage n’est pas le principal problème des élèves en difficultés de lecture : si 4% d’élèves ne savent pas déchiffrer à l’entrée en 6ème, 11% ne comprennent pas les textes qui leur sont proposés bien qu’ils sachent déchiffrer.
      Cependant, chacun s’accorde à considérer qu’il est aujourd’hui insupportable de ne pas maîtriser suffisamment l’écrit pour s’intégrer socialement et accéder à un emploi. Donc, l’école doit chercher à mieux faire réussir tous les élèves. Pour autant, il n’y a pas de recul ou de baisse du niveau, voire d’épidémie de dyslexie ! La Fédération des orthophonistes rappelle qu’aucune étude scientifique menée par des orthophonistes ne met en évidence un lien entre approche globale de la lecture et troubles de l’écrit.
    4. Les travaux des chercheurs, comme l’expérience des enseignants, montrent que la « querelle des méthodes » est dépassée. Méthodes syllabique, globale ou mixte ont laissé place à de nouvelles pratiques forgées progressivement au cours des trente dernières années. Il ne s’agit pas des méthodes mixtes. Ces approches qui sont cohérentes avec les résultats des recherches scientifiques récentes, mettent en œuvre simultanément la maîtrise du code et la compréhension.
    5. L’apprentissage de la lecture ne se limite pas au déchiffrage et ne peut reposer exclusivement sur une approche syllabique. Réduire l’apprentissage de la lecture est simplificateur et mène ainsi l’école dans une impasse.
    6. Nous considérons que les principaux éléments des programmes de l’école maternelle et élémentaire publiés en 2002 après de larges consultations conservent toute leur pertinence. Ils rappellent qu’« apprendre à lire, c’est apprendre à mettre en jeu en même temps deux activités très différentes : celle qui conduit à identifier des mots écrits, celle qui conduit à en comprendre la signification ». Ils ne se limitent pas au seul décodage et visent, dès le début du cycle 2, la compréhension des textes et l’accès au livre et à la culture écrite.
      Les programmes de 2002 inscrivent les apprentissages du cycle 2 dans la continuité de ceux de l’école maternelle sur le langage oral, sur les habiletés phonologiques, sur le principe alphabétique et la familiarisation avec la langue écrite. Ils rappellent aussi que l’apprentissage de la lecture se poursuit au cours de l’école élémentaire et n’est pas achevé au début du collège.
      Des difficultés demeurent. Il faut les réduire. L’apprentissage initial de la lecture peut et doit être amélioré. C’est en procédant à des recherches rigoureuses, en renforçant la formation et l’accompagnement des enseignants, en organisant une réelle évaluation du travail effectué dans les classes, en prenant en compte les différences de rythme de travail et d’apprentissage, en améliorant les conditions d’enseignement et d’apprentissage que l’école peut développer les compétences des élèves en lecture. C’est aussi par un effort de communication, entre l’école et les familles sur ce qui se fait réellement en classe, que l’école contribuera à créer un climat de confiance propice à la réussite des élèves.
      C’est également en soutenant et en renforçant toutes les initiatives, en lien avec l’Ecole et les familles qui favorisent le goût pour le livre et la lecture : institutions et associations culturelles, bibliothèques et médiathèques, presse et médias de qualité pour la jeunesse.
      Nous sommes bien loin des affirmations passéistes et approximatives de l’actuel ministre de l’Education Nationale.

    Le 2 janvier 2006
    Les organisations signataires :
    AFEF (Association française des enseignants de français)
    AGIEM (Association Générale des Institutrices en Ecole Maternelle)
    AIRDF (Association Internationale pour la recherche en didactique du français)
    CRAP - Revue Pédagogique
    ICEM (Institut Coopératif de l’Ecole Moderne)
    FCPE (Fédération des Conseils de Parents d’Elèves)
    GFEN (Groupe Français pour l’Education Nouvelle)
    LIGUE de l’ ENSEIGNEMENT
    SNUipp-FSU (Syndicat National Unitaire des Instituteurs et Professeurs de Ecoles)
    SE-UNSA (Syndicat des Enseignants)
    SGEN-CFDT (Syndicat Général de l’Education Nationale)
    Liste des premiers signataires :
    BERNARDIN Jacques, Formateur à l’IUFM d’Orléans-Tours ; BOIMARE Serge, Directeur Pédagogique du Centre Claude Bernard - Paris ; BRIGAUDIOT Mireille, Maître de conférence, IUFM de Versailles, Equipe LEAPLE-CNRS ; BRISSIAUD Rémy, Maître de Conférence de Psychologie, IUFM de Versailles ; CEBE Sylvie, Maître de conférence, IUFM académie de Lyon ; CHARMEUX Evelyne, Professeur Honoraire, IUFM de Toulouse ; CHAUVEAU Gérard, Chercheur associé à L’INRP et au Laboratoire ERTE, Université Paris V ; DEVANNE Bernard, Professeur, IUFM de Basse Normandie ; FIJALKOW Jacques, Professeur de Psycholinguistique à l’Université de Toulouse ; FLORIN Agnès, Professeur en Psychologie du Développement et de l’Education, Université de Nantes ; GOIGOUX Roland, Professeur des Universités , IUFM d’Auvergne ; MEIRIEU Philippe, Professeur des Universités - Lyon ; OUZOULIAS André, Professeur, IUFM de Versailles ; PLANE Sylvie, Professeur des Universités en Sciences du Langage, IUFM de Paris ; ...
     
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    de Robien : la méthode syllabique de lecture, c'est clair, limpide et explicite

      Le ministre de l'Education nationale, Gilles de Robien, a défendu, jeudi devant la presse, la méthode syllabique pour l'apprentissage de la lecture soulignant qu'elle devrait être la seule méthode utilisée, de façon "claire", "limpide" et "explicite".
      Présentant la circulaire interdisant la méthode globale ou les approches assimilées qu'il a adressée mercredi aux inspecteurs d'académie et aux directeurs d'IUFM (instituts de formation des maîtres) et qui doit s'appliquer à la rentrée 2006, il a mis l'accent sur l'importance d'un apprentissage réussi.
      "La première mission, le premier devoir de l'école, c'est d'apprendre à lire et à écrire à tous les petits Français. S'il ne devait rester qu'une seule mission, ce serait évidemment celle-là!", a-t-il dit. "Ne jouons pas sur les mots, la méthode globale existe toujours. La méthode +pure+ n'existe plus mais les méthodes à départ global sont encore très couramment utilisées", a-t-il affirmé. "Or, les travaux des chercheurs montrent que ces méthodes sont beaucoup moins efficaces que les syllabiques et qu'elles sont même néfastes pour les enfants les plus fragiles. Les parents qui achètent chaque année 100.000 exemplaires d'une célèbre méthode syllabique ne le font pas sans raison", a-t-il ajouté.
      Affirmant que lire ne doit pas "ressembler à une devinette ou un jeu d'hypothèses", M. de Robien a souligné : pour moi, c'est limpide. L'apprentissage doit commencer par le son et la syllabe. Il faut le dire clairement, nettement, explicitement et le faire savoir sans ambiguïté.
      Cela, je le dis avec force, n'avait jamais été fait et jusqu'ici les instructions avaient prêté à confusion".   Le ministre enfin a affirmé que cela n'empêcherait pas l'inventivité pédagogique mais il a bien précisé que "la liberté des enseignants s'exerçait dans le respect des programmes et instructions du ministre".
      "La liberté pédagogique n'est pas la liberté de faire n'importe quoi", a-t-il lancé.

    PARIS, 5 jan 2006 (AFP)

     
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    METHODES DE LECTURE

      Gilles de Robien , ministre de l'éducation, vient de décider de supprimer les méthodes globales dans l'enseignement de la lecture. Elles sont, selon lui, responsables des échecs scolaires, et à ce titre, il en dénonce le « danger ». Il préconise un retour à la méthode syllabique (alphabétique), que nous jugeons, nous, dangereuse et inefficace.

    Vous avez dit « méthodes » ?
    Aujourd'hui, moins de 10% des enseignants de CP utilisent une méthode syllabique, globale ou mixte. Ces méthodes laissent de côté des pans entiers de l'apprentissage : les activités de production d'écrits, l'étude de phrases complexes, de textes cohérents, la littérature de jeunesse, … Or, il est acquis désormais que savoir déchiffrer est à la fois nécessaire et insuffisant. Il faut enseigner tous les savoir-faire nécessaires à l'habileté en lecture. On ne peut pas se contenter d'enseigner le déchiffrage, puis laisser chaque enfant se débrouiller dans sa sphère familiale pour apprendre à comprendre.

    Et alors ?
    Les autres méthodes, que certains appellent « intégratives », forgées dans les pays francophones au cours des 30 dernières années, sont cohérentes avec les principaux résultats des recherches scientifiques récentes. Elles visent à développer simultanément toutes les compétences nécessaires pour lire et écrire. Par exemple, les compétences qui permettent la compréhension sont à travailler avant même que les processus de reconnaissance des mots ne soient installés, dès la maternelle donc. Travailler sur des textes que lit le maître permet l'accès aux richesses linguistiques et culturelles. Ce travail permet l'accroissement du vocabulaire et la familiarisation avec la langue écrite. La qualité de la compréhension ultérieure en dépend.

    Ces méthodes intégratives sont le fruit de métissages entre différentes méthodes. Ce sont des mélanges de combinatoire, d'opérations intellectuelles, de reconnaissances visuelles, d'appui sur le contexte, … la place de chacune de ces activités variant tout au long de l'année.

    L'efficacité de l'enseignement dépend davantage des choix microscopiques faits au fil de la pratique quotidienne, que d'un manuel, que chacun utilise avec ses propres priorités.

    Et maintenant ?
    En ce qui concerne l'apprentissage de la lecture, les grands équilibres ont été trouvés. Le travail sur l'implicite, la compréhension fine des textes, sont maîtrisées par 2/3 des élèves entrant en 6° et c'est un grand progrès, dû à la rénovation de l'enseignement du français.

    Il est urgent de s'intéresser aux 4% d'élèves qui ne savent pas lire fin CM2, et d'améliorer les compétences des élèves les moins performants.

    Le CP n'est qu'une étape d'un apprentissage long et complexe. Revenir à la syllabique, c'est faire l'impasse sur la compréhension. Or, lire, c'est comprendre. Prôner l'efficacité, mot ô combien à la mode, n'autorise pas à faire l'impasse sur les vrais enjeux de la lecture, la compréhension, l'implicite, la mise à distance, l'esprit critique, …

    Accuser la méthode, c'est ignorer qu'il y a bien d'autres causes à la non-maîtrise de la langue, causes sociales, culturelles,...

     
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